jeudi 6 juin 2013

« Masculinisme » ou islamisme ? Erreur sur la cible...

Pour l'observateur attentif aux mouvances féministes radicales, un curieux parallèle, pour ne pas dire une contradiction allant jusqu'à l'incohérence, saute aux yeux, au fil des ans.  D'une part, les hommes, mais aussi les femmes, que ces activistes appellent - à tort - masuclinistes sont devenus pour elles un fléau tel qu'ils représentent la première menace à l'avancement - toujours légitime, puisque féminin - des femmes.  D'autre part, devant la montée en Occident de l'intégrisme religieux et, plus particulièrement, de l'islam politique, les mêmes militantes font preuve d'une discrétion inquiétante, quand elles ne deviennent pas les complices de l'idéologie qu'elles devraient être les premières à dénoncer.  

Affaire Shafia : où étaient les féministes ?
Si elles ne l'approuvent pas par leur silence, elles le font, comme le triste exemple de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) l'a démontré, par des initiatives plus que douteuses.  Pas de doute que ces femmes ne sont pas elles-mêmes islamistes par conviction, mais elles le deviennent presque par omission ou par action.  Il suffit d'évoquer l'influence insidieuse de l'organisme Présence musulmane sur la FFQ et son impact décisif lors de la motion lamentable de ce regroupement s'opposant à l'interdiction des signes religieux dans l'espace public pour s'en persuader.

Il s'agissait là du dernier fait d'armes « significatif » de Michèle Asselin,  présidente sortante de cet organisme dépassé, après son passage désastreux qui avait vu le membership de la FFQ fondre de 900 à 500 membres.  La bringuebalante marche des femmes de 2010, pendant laquelle le regroupement emblématique du féminisme québécois - et son existence même - avait été durement remis en cause, est venu confirmer cette désaffection véhémente du public envers lui.

Le problème allait cependant beaucoup plus loin que... le choix de la présidente.  Avec l'arrivée d'Alexa Conradi à sa tête, la FFQ allait à nouveau tomber plus bas, par Françoise David et Amir Khadir interposés, en défendant le droit des gardiennes musulmanes en milieu familial de porter le niqab, rien de moins.  Cette déplorable initiative a été prise dans le cadre des consultations sur le timide projet de loi 94 prétendant baliser les accommodements religieux.  

L'embarrassante prise de position de la FFQ survenait vers l'époque où étaient rendus publics les liens plus que contestables d'Amir Khadir, député de Mercier, avec l'organisme Palestiniens et Juifs unis (PAJU), qui faisait pression sur un commerçant du comté même de la bouillante « rock star » d'extrême gauche afin qu'il renonce à vendre des chaussures israéliennes, représentant à peine deux pour cent de son inventaire.  

Michèle Asselin partie, la FFQ reste...
Québec solidaire (QS), comme sa succurale féministe, la FFQ, incarne à merveille cette incohérence d'une instance qui se prétend féministe, d'une part, mais qui fait preuve, d'autre part, d'une complaisance coupable envers des islamistes hostiles à Israël.  QS  - ou Khadir, du moins - accuse l'État hébreu de pratiquer une politique d'apartheid envers les Palestiniens, alors que l'on retrouve des Arabes dans toutes les sphères de sa société.  Qu'importe si les islamistes représentent la première menace au monde quant au respect des droits des femmes !  La mainmise que Québec solidaire exerce sur la FFQ -  Alexa Conradi était présidente de QS, et Françoise David,  ancienne présidente de la FFQ - indique que même le regroupement qui devrait condamner pareils individus avec la plus grande sévérité s'écrase sans vergogne ni dignité devant eux.

Le « masculinisme » menace les féministes radicales...

Comment expliquer pareille incohérence chez la FFQ et, a fortiori, chez les féministes d'État occidentales pour qui les hommes et les pères de leurs pays respectifs et, parmi eux, ceux qui revendiquent l'égalité parentale devant les tribunaux, représentent les premiers ennemis de la cause des femmes, donc des hommes à abattre ?   Ne serait-ce pas parce que ces derniers, loin de s'attaquer aux femmes, comme les féministes radicales le prétendent, s'en prennent justement à ces militantes, tandis que les islamistes n'oppriment... que les femmes.  Et les femmes, n'est-ce pas la raison d'être officielle d'un mouvement, le féminisme, qui, jadis, se consacrait à leur défense avant de devenir, au fil des ans et des avantages acquis, un lobby corporatiste ne visant que sa propre expansion ? 

On comprend mieux, dans cette perspective, l'importance stratégique et opportuniste que représente pour ces militantes la tuerie de Polytechnique, un acte isolé commis le 6 décembre 1989 par un jeune homme manifestement en proie à un délire psychotique, rendu, propagande misandre aidant, symbole de la haine des hommes envers les femmes, éternelles victimes d'un vaste complot patriarcal mondial. Bien sûr, selon ces idéologues fanatisées, c'est du sang des 14 victimes de Marc Lépine que s'est nourri le masculinisme et ses adeptes qui refusent les acquis des femmes durement gagnés par des années de lutte.  Ce sont les masculinistes, et non les islamistes, qui représentent la pire menace pour les droits des femmes.  Bien sûr...

6 décembre : de la commémoration à la récupération.
Il faut croire que Marc Lépine est bien puissant, puisque même mort,  il incarne à lui seul une menace plus sérieuse que celle émanant d'un mouvement mondial intégriste et - vraiment, lui - patriarcal, s'affirmant de façon prosélyte par l'écrasement et le contrôle de ses femmes et par la mainmise sur leurs corps, leur sexualité et leur liberté d'agir et de penser par elles-mêmes.  

En Occident, rares sont les féministes qui osent, à l'instar de Djemila Benhabib, dénoncer les dérives de l'islamisme, sa montée progressive et insidieuse, son discours culpabilisant envers quiconque s'oppose à ses dogmes et à ses pratiques obscurantistes, dont la charia représente la pire manifestation.  

Les militantes sont beaucoup plus promptes à s'en prendre au  « masculinisme », néologisme créé par Michèle Le Doeuff, dont voici la définintion : « Pour nommer ce particularisme, qui non seulement n’envisage que l’histoire ou la vie sociale des hommes, mais encore double cette limitation d’une affirmation (il n’y a qu’eux qui comptent et leur point de vue), j’ai forgé le terme de masculinisme ».  À un mot près, « masculinisme », que l’on pourrait remplacer par « islamisme », cette définition pourrait fort bien convenir à cet intégrisme religieux.   

Les risque de « l'ouverture sur l'autre »...


Comment ne pas comprendre la grande tolérance, inspirée par l'ouverture sur autrui et sur le monde, qui anime nos féministes d'État, à l'exception du Conseil du statut de la femme - qui lui, a l'outrecuidance de s'opposer aux signes religieux dans la fonction publique - dans leur acceptation des islamistes et de leurs usages.  Je précise que j'ironise ici envers les islamistes en particulier, et non les musulmans en général.  On peut être musulman sans être islamiste, mais impossible d'être islamiste sans être musulman.

Par leur acceptation de certains usages propres à une mouvance qui prône un asservissement intégral de la femme, la FFQ, comme nombre d'organismes féministes occidentaux, valide par son silence ou son soutien certains us et coutumes encore plus graves, mais qui ne semblent pas les déranger particulièrement.  Mentionnons parmi ceux-ci les mariages forcés, parfois avec des fillettes (on appelle ça pédophilie, Mesdames, des Calacs, notamment,  membre de la FFQ), la polygamie, la traite des femmes, leur séquestration, les crimes d'honneur, l'excision, les mutilations, visant même les enfants, et la lapidation, que certains chroniqueurs bien-pensants montréalais assimilent à une croyance folklorique sans fondement surgie de l'esprit surmené d'un conseiller municipal mauricien.  

Djemila Benhabib, féministe avec une cause.
On constate tout de suite ce qu'une religion dite de paix peut, manipulée par certains idéologues, receler de crimes effectifs comme potentiels contre l'humanité, autorisés par leurs vues rétrogrades et archaïques.  Pourtant, ce ne sont pas ces brutes fanatisées, mais bien ces horribles «masculinistes» qui se verront accusés par les féministes radicales de vouloir ramener les femme au moyen-âge, afin de les opprimer avec violence dans leur foyer et de les soumettre à une suite ininterrompue de sévices rétrogrades, niant leur droit à disposer d'elles-mêmes.  

Et ça, c'est sans compter les risques de pédophilie sur leurs enfants, tandis que nos doctes militantes encouragent l'homoparentalité, sans balises, au moment où la ministre française responsable de la loi devant le définir a été surprise à cacher une étude révélant que les gays commettraient dix fois plus d'agressions sexuelles envers les enfants que les pères hétérosexuels.

Les faux coupables

Mais comment ces féministes vertueuses ne condamneraient-elles pas ces monstres, également appelés hoministes, eux qui défendent l'indéfendable tel que la lutte au décrochage scolaire des garçons, l'égalité des droits parentaux des pères, l'accès des enfants à leur géniteur, les fausses allégations de violence conjugale et d'agressions sexuelles, le manque de ressources pour hommes en santé et en services sociaux - dont l'absence de maisons d'hébergement pour hommes victimes de violence conjugale et leurs enfants, sans compter le manque de soutien pour garçons victimes d'agressions sexuelles (qui ne cessent de faire la manchette, plus que les filles) - ainsi que la misandrie omniprésente dans les institutions, les émissions et la publicité, incluant l'hétérophobie démonisant hommes et pères.

On conçoit ce que de telles revendications peuvent représenter de monstrueux et de sacrilège... 

Pourquoi une telle erreur sur la personne morale, demanderez-vous ?  Parce que le féminisme militant s'est éloigné de la cause des femmes pour ne considérer que sa propre expansion.  Les islamistes méprisent les féministes, mais ceux qui sont allés à l'école des frères musulmans dissimulent hypocritement leur mépris, conscients du pouvoir culpabilisant dont ils disposent envers une gauche influençable redoutant plus que tout de passer pour raciste ou xénophobe.  

Vers un féminisme hétérophobe.
Conscients de l'influence de l'État dans l'État que représente le féminisme militant, les défenseurs de la condition masculine constatent et dénoncent son influence néfaste envers les hommes et les garçons dans toutes les sphères de la société, incluant l'appareil judiciaire, les milieux de l'Éducation ou les services en santé et en services sociaux. 

Et c'est en manifestant leur hostilité envers leurs détracteurs, au lieu de réajuster leur tir, que les féministes révèlent leur véritables ambitions, tout comme elles trahissent, par leur silence envers les islamistes, ce pour quoi elles prétendent se battre d'abord et avant tout : la cause des femmes.  Ce n'est plus la cause, mais la fin, finalement, qui justifie les moyens...

2 commentaires:

Olivier Kaestlé a dit…

Excusez-moi, Serge, j'ai effacé votre commentaire par erreur (fichus spams !). Le revoici :

Il est impossible d'être musulman sans être islamiste. Mais il est possible d'être islamiste sans être terroriste.

La résistance mâle contre le féministe représente peu. Car les jeunes hommes de 18 ans à 45-50 ans ne peuvent contenir leurs testostérones et leurs vénérations au sexe fort, la femme. Et les plus de 50 ans ne veulent pas trop s'engager contre une guerre contre les femmes qui ne finira jamais. Et leur désir de père de passer ses connaissances intergénérationnelles sont difficile à inhiber. Ils sont très conscients qu'ils doivent contribuer à 200% pour éviter un divorce et un lessive en règle. Ce qui risque d'arriver même en étant exceptionnel de toute manière. Conclusion, la femme est gagnante sur toute la ligne.

Simple et facile à comprendre. Serge

Anonyme a dit…

Cette position "écrasée" du QS/FFQ envers l'islamisme est assez étrange compte tenu du fait que d'autres factions féministes, au contraire, attaquent les islamistes de plein front et ne leur font pas de quartier. Je penses entre autre à Claudette Carbonneau, syndicaliste de longue date et féministe de la première heure, qui ne s'est pas gênée lors de la commission Bouchard-Taylor pour demander au plus grand employeur du Québec- le gouvernement- de passer une loi massue qui interdirait à toute femme portant le niquab de travailler dans la fonction publique!! Raison d'une telle requête aussi diamétralement opposée a ses deux professions de foi?
"On ne peut pas leur faire confiance!"
Sidérante contradiction qui illustre bien à quel point le féminisme moderne, particulièrement lorsque l'Islam entre en jeux, c'est du n'importe quoi qui varie allègrement dépendamment de la bouche qui émet le commentaire.
Denise Bombardier écrivait aujourd'hui dans La Presse (8 Juin)que des féministes radicales ontariennes avaient même poussé l'odieux jusqu'à prôner l'utilisation de la sharia dans les cas de divorce et garde d'enfants musulmans!!
Bonjour la cohérence.
C'est ce genre de dissonances cognitive majeures que me font dire que le féminisme est une forme de maladie mentale. C'est pas ritalin que ca leur prends mais de puissants anti-psychotiques!

Malthus