lundi 24 août 2015

Go Topless ou… Go Brainless ?

À New-York, on a manifesté récemment contre la violence policière, contre l’obligation imposée aux Juifs orthodoxes de faire leur service militaire en Israël et contre l’accord sur le nucléaire iranien avec les grandes puissances occidentales.  Les citoyens de la big Apple pourraient, dans la même foulée, s’insurger massivement contre les viols systématiques infligés à des femmes et à des gamines asservies par les brutes épaisses et fanatisées de l’État islamique. 

N'y aurait-il pas là une cause féministe prioritaire ?
Il me semble que si on s’élève contre la violence – encore que dans le cas de la violence policière, la provocation éventuelle du public soit rarement évoquée – et contre les visées guerrières d’un État islamique comme l’Iran, on devrait en faire autant contre… l’État islamique lui-même, non ?

Dans Libération du 17 avril dernier, on pouvait lire à propos de la démence fanatisée des psychopathes de cette organisation terroriste : 

« On savait les captives de l’Etat islamique (EI) victimes de viols systématiques de la part des jihadistes en Irak et en Syrie. Mais, à la lueur des déclarations d’une responsable des Nations unies et du rapport de l’ONG américaine Human Rights Watch (HRW), on voit se dessiner une stratégie encore plus terrifiante, celle d’un système de terreur sexuelle orchestré par l’EI à l’encontre des jeunes femmes et même des fillettes dès l’âge de 8 ans. Premières victimes, les captives de la minorité yézidie du nord de l’Irak. Celles qui ont pu s’échapper décrivent leur esclavage sexuel comme un enfer. »

« (…)  Ces viols et mariages imposés aux jeunes femmes et filles, l’EI les considère comme d’autant plus légitimes que les yézidis sont vus par l’islam comme des hérétiques. En octobre, dans sa publication en anglais, Dabiq, l’organisation consacrait un long article, appuyé sur des versets du Coran et sur la sunna, à expliquer que les yézidies étaient des «butins de guerre», qu’elles pouvaient donc être battues, violées et vendues. »

Les féministes ne devraient-elles pas monter aux barricades ?

Un tel tableau a de quoi glacer le sang et susciter l’horreur et le dégout, surtout chez les militantes et militants de la « cause des femmes ».  Du moins, on pourrait le croire.  Ne devraient-elles pas monter aux barricades, crier leur révolte, organiser des manifs monstres pour obliger le gouvernement américain à une intervention énergique et déterminante envers une racaille que tout condamne ?  Le sort de femmes et de gamines, au mieux traumatisées à vie quand elles s’évadent, au pire tuées par des êtres de loin inférieurs aux animaux, ne devrait-il pas susciter chez les féministes une indignation aussi viscérale qu’incontrôlable ?

Eh ben non…

On expose les atouts que l'on peut...
Les féministes ont bien d’autres chattes à fouetter, voyons !  Ce dimanche 23 aout, une nouvelle page de militance devait s’inscrire dans le grand livre de la troisième vague féministe.  Aux yeux de plusieurs dizaines de militantes, il était primordial de parader les seins nus afin de « contrer les critiques de ceux qui se plaignent de la présence de femmes en tenue légère sur Times Square. »  On peut dès lors constater l’urgence prioritaire de telles prises de positions et conclure à quel point le sort de femmes et d’enfants si éloignées de leur ville devient secondaire.

On peut lire dans cette dépêche de Presse canadienne : « Déambuler en public la poitrine dénudée est parfaitement légal à New York depuis 1992. Mais le maire Bill de Blasio et le chef de police Bill Bratton ont récemment affirmé que les femmes aux seins nus qui se font prendre en photo avec des touristes sur la place piétonnière de Times Square représentaient une nuisance. »

Niant la réalité, autant objective que subjective, que la poitrine féminine recèle une dimension érotique nettement plus forte que le torse masculin, une porte-parole de l’évènement Go Topless, a déclaré que « l'objectif était de revendiquer l'égalité des genres en ce qui concerne le droit de se promener torse nu. »

Il est difficile de ne pas voir dans cette démarche une simple revendication à l’exhibitionnisme le plus primaire.  Que ces femmes ne réalisent pas qu’elles se ridiculisent à se faire prendre en photo par les premiers touristes venus, qui pourraient faire plus tard de leurs clichés un usage qui les étonnerait, me dépasse.  Comment peut-on militer, d’une part, contre l’hyper sexualisation et le syndrome de la femme objet et, d’autre part, se mettre en vitrine comme des prostituées de Hambourg et répondre niaisement aux attentes de voyeurs évidents ?

À potentiel érotique égal, faudra-t-il par ailleurs accorder aux hommes le droit de se promener le pénis à l’air ?  Car je vois mal comment, toujours à potentiel érotique égal, et non à localisation corporelle similaire, on peut autoriser les femmes à se promener les seins nus et interdire aux hommes d’exposer leurs organes génitaux.   L’exhibitionnisme devrait donc se voir banni du code criminel new-yorkais, et éventuellement du nôtre, dans cette perspective d’exposition corporelle qui se veut asexuée ?  

Il est difficile de défendre un point de vue comme le mien sans se faire traiter de macho, de phallocrate ou de réactionnaire rétrograde désireux d’imposer une chape de plomb religieuse aux femmes en vue de mieux les asservir.   C’est avec un certain amusement que je me rappelle avoir été apostrophé il y a quelques années par un musulman qui me reprochait mes positions anti-hijab en m’accusant de vouloir habiller - ou déshabiller - les femmes comme des trainées.  Au même moment, des féministes me traitaient de taliban en m’accusant de vouloir imposer aux femmes la burka alors que je tournais en dérision les slutwalks, véritables happenings de la sottise féministe.

Et si la pudeur était une condition de l'érotisme...
En fait, ce que je trouve dommage, dans cet étalage grossier et anonyme de chairs de tailles, de fermeté et d’esthétique variables, c’est la banalisation de la beauté féminine et le rejet de l’indispensable cohabitation entre l’érotisme et la pudeur.  Le premier est d’autant plus stimulé par la seconde, qu’il participe ainsi aux inévitables et savoureux jeux de la séduction entre les hommes et les femmes depuis la nuit des temps.

Moi, vouloir que la poitrine de ma blonde ne m’excite pas davantage que ses genoux ?  Non, Mesdames les féministes, vous pouvez vous rhabiller !  Si vous voulez exhiber quelque chose de vraiment intéressant, affichez donc votre soutien auprès de femmes et d’enfants qui préfèreraient mille fois affronter le maire de New York que les brutes sanguinaires de l’État islamique… 

2 commentaires:

Jean-Marc Bessette a dit…

Pierrette Bouchard avait déclaré qu'il est normal de sous éduquer les gars ici au Q car des filles en Afrique ne recevaient pas d'éducation. Donc la condition des femmes dans d'autres lieux lointains ne sert qu'à justifier le massacre des gars ici, non a aider leurs consoeurs. Force est de constater que l'égalité n'est pas pour tous mais juste pour celles qui sont privilégiées au nom de celles, qui ailleurs, sont traitées en paria. Et au fait dans plusieurs de ces pays où les filles ne sont pas éduquées il est vrai que les gars eux bénéficient une éducation...de guerriers.

C'est ce qui se nomme du nombrilisme contrôlant, de l'égocentrisme aigu, de la manipulation déviante. Tous des adjectifs qui collent très bien à moult personnages de la déplorable histoire de l'humanité avec ses tyrans. Hitler étant un des exemples recent parmi tant d'autres. Et il n'était pas connu pour être sans matière grise, certains l'ont même qualifié de génie. Mais peu importe le point de vue, il me semble qu'il y ait un consensus parmi tous : Il était fortement déséquilibré, souffrant d'une tare émotionnelle qui le démolis tout sa vie...

Faut toujours se méfier des ''races'' qui se disent supérieures, car à l'instar du tireur d'élite qui atteint toujours son bullseye ces ''races'' tirent toujours à côté de l'essentiel détruisant tout ce qu'il y a autour...

Et l'histoire se répète...encore.

Comme chaque fois une méconduite affective profonde en est la source mère. Une expression qui fait réfléchir ici, non ?

: https://www.youtube.com/watch?v=ILRhSG0ql74

: https://www.youtube.com/watch?v=3QD7Y1jgs7o

: https://www.youtube.com/watch?v=DoXtkLrKn6M

: https://www.facebook.com/802040876546639/videos/814896091927784/

Quand on s'invente des ennemis biologiques pour justifier sa rage...

Suzanne Cantin a dit…

Excellent texte Olivier, comme toujours. Voici un truc que j'ai trouvé sur le net, en référence à ce que tu écris en final; ces femmes et ces filles qui préféreraient faire face au maire de NY plutôt qu'aux monstres de l'EI. http://www.msn.com/fr-ca/actualites/monde/ces-femmes-y%C3%A9zidies-qui-terrorisent-%C3%A0-leur-tour-daesh/ar-BBm2MEV?ocid=mailsignoutmd