dimanche 12 avril 2015

Vite, des grand-mamans caresses à la rescousse de l’UQÀM !

Que ceux et celles qui déplorent le désengagement de l’État envers les déshérités de notre société se rassurent.  Il existe un ilot, sédentaire celui-là et non voyageur, qui, à l’instar d’un célèbre village gaulois, résiste encore et toujours à l’envahisseur qu’a été l’implacable désinstitutionalisation.

L'UQÀM, à jamais foyer de notre démocratie...
Qui oserait en effet encore affirmer de nos jours que l’État a abandonné ses plus jeunes sujets hypothéqués, quand preuve est donnée quotidiennement que ces pauvres hères ont trouvé un ultime refuge en l’UQÀM, un havre à la mesure de leurs problématiques comportementales, de leurs limites démesurées, et qui tient compte de leur tragique difficulté à s’insérer dans notre société pour y jouer un rôle constructif ?

Bien sûr, tous les étudiants de cette originale institution ne sont pas aussi cruellement affligés que ceux qui, soutenus par l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), vandalisent, « manifestent » illégalement et empêchent leurs confrères et consoeurs de suivre leurs cours tout en les intimidant et en les empêchant de parler aux journalistes, qu’ils repoussent à leur tour.   

 Soulignons au passage le mérite de ces autres jeunes gens, qui ont conçu l’audacieux projet de compléter sérieusement leurs études dans cette « université », en plus d’espérer être un jour pris au sérieux par d’éventuels employeurs une fois leur diplôme obtenu.

Une université féministe et militante avant tout

L’UQÀM qui, en cette période d’austérité, a réussi l’exploit de cumuler 2,1 M $ en financement d’études féministes en 2011, soutient à elle seule le Groupe de recherche interdisciplinaire sur l’antiféminisme (GIRAF), l’Institut de recherche et d’études féministes (IREF) ainsi que le Réseau québécois en études féministes (RÉQF), en plus de financer une pléthore de sujets de recherches féministes des plus enthousiasmants.  Ce portrait est-il assez féministe ?

Comment alors se surprendre du soutien militant de l’ASSÉ aux insurgés de cette institution, à la lecture de cet extrait de leur présentation : «Depuis ses premiers balbutiements, l’ASSÉ s’est définie comme une organisation féministe prônant un système d’éducation auquel est intégrée une analyse féministe et appuyant les luttes féministes, qu’elles soient étudiantes ou non. »  Vous avez bien lu : « analyse » et « féministe » dans une même phrase, quelle audace !

Soutenus par une vingtaine de professeurs militants dans leurs efforts désespérés en vue de faire triompher leur conception si originale de la démocratie, malgré une évidente majorité de dissidents anti « grève », les manifestants ont courageusement affiché leur désunion au sein d’un pavillon réfractaire à leurs revendications, sans doute parce que ses occupants cherchent encore à en comprendre le sens.

Voici le résultat des efforts de sensibilisation des rebelles, relatés dans le Journal de Montréal : « Vitres cassées, savon à vaisselle déversé dans les escaliers, machines distributrices défoncées et pillées, débris répandus partout, cages d'escaliers bloquées par des chaises et de tables; c'est le portrait auquel ont eu droit les employés de l'institution scolaire jeudi matin au lendemain d'une soirée pour le moins mouvementée. Les cours ont même dû être annulés toute la journée parce que le pavillon J.-A.-DeSève avait été véritablement saccagé. »

Tout en condamnant ces actes de vandalisme commis le 8 avril, la présidente du Syndicat des professeurs de l’UQÀM, Michèle Nevert, professeure de littérature et titulaire du cours Écriture et folie, a déploré le recours patriarcal aux forces policières par le recteur Robert Proulx en qualifiant cette manoeuvre d’ « erreur de gestion de crise ».

Sandrine Ricci
Sandrine Ricci, présidente du Centre des femmes de l’UQÀM, coordonnatrice du Réseau québécois en études féministes et chercheuse sur l’actualisation des analyses féministes des manifestations contemporaines de la violence envers les femmes, est allée encore plus loin en demandant, appuyée de professeurs et d’étudiants, la démission pure et simple du recteur, qui lui a infligé la violence ultime de la lui refuser. 

On pouvait lire dans le site de Radio-Canada que la féministe avait « sévèrement blâmé l'UQAM «   et le recteur en particulier » pour leur attitude dans le conflit, ainsi que pour leur incapacité à assurer un environnement « sain et sécuritaire pour l'ensemble de la communauté uqamienne », dont des conditions propices à l'enseignement. Elle a dénoncé « l'instrumentalisation » des employés de l'UQAM faite par la direction pour « justifier les injonctions et la criminalisation du militantisme étudiant ».

Des grand-mamans caresses….

Comment peut-on en effet songer à criminaliser quelques banales sautes d’humeur estudiantines et ne pas donner raison à Mme Ricci, digne ambassadrice des valeurs féminines de compassion et de compréhension ? Une attitude conditionnée par de telles valeurs, sans doute, aurait calmé instantanément ces jeunes incompris qui, à l’évidence, éprouvent de si visibles difficultés à se comprendre eux-mêmes.  Et depuis quand dérange-t-on la police pour des cas de vandalisme ?  Absurde !

La Ville de Montréal devrait sans plus tarder se prémunir d’un commando d’élite bien mieux indiqué pour gérer de façon harmonieuse ces crises estudiantines : une escouade de grand-mamans caresses.   Au lieu de parachuter de phallocrates policiers au sein d’un groupe d’étudiants déjà survoltés, pourquoi ne pas leur envoyer des octogénaires surentrainées, disposant pour toutes armes des cafetières remplies de chocolat chaud à la guimauve, des sucres à la crème, de chaudes mitaines et des écharpes en Phentex assorties à des cagoules aux motifs chatoyants ? 

Imaginez les étudiants, se sentant enfin compris dans le tréfonds de leur révolte, assis sur les genoux de ces providentielles intervenantes qui, enfin, les berceraient et leur dispenseraient toute la compréhension et la tendresse qui leur fait si cruellement défaut de la part des figures froidement patriarcales que sont le recteur Proulx, le ministre de l’Éducation, François Blais, et les policiers du SPVM ?

Oui, Mme Ricci a bien raison de ne pas tenter de responsabiliser aussi brutalement les victimes d’un système qui ne les a jamais préparés à devenir responsables. Elle a tout aussi bien fait d’omettre de leur indiquer le rôle qu’elles auraient pu jouer quant à « leur attitude dans le conflit »,  en plus d’éviter de leur mettre sous le nez « leur incapacité à assurer un environnement «  sain et sécuritaire pour l'ensemble de la communauté uqamienne ».   

Une telle attitude, en plus de culpabiliser aussi indument ces êtres innocents, deviendrait pire encore que la manifestation du patriarcat le plus vil : elle serait résolument antiféministe !

samedi 4 avril 2015

Bal des martyrs d’Allah et poursuites « judicieuses » ?

N’est-il pas stupéfiant de constater à quel point le rôle de messager d’Allah et de porteur de la parole de son sympathique et décontracté prophète, Mahomet, peut entrainer de conséquences funestes pour ceux et celles qui se consacrent à cette si astreignante mission ?  Tels les martyrs chrétiens jetés en pâture aux lions affamés lors des jeux du cirque dans la Rome antique, ces êtres innocents, dénués de toute malice, sont de plus en plus nombreux à se voir harcelés sous la lumière crue des projecteurs de la voracité médiatique, en plus de se trouver injustement condamnés par notre coupable intolérance.  Honte, honte, sur nous !

Hamza Chaoui, victime de Denis Coderre...
Prenez l’expansif et rieur imam Hamza Chaoui, par exemple, dont le perpétuel sourire s’est brutalement assombri sous les propos diffamatoires du sinistre maire de Montréal, Denis Coderre.  Encore un intolérant, celui-là, incapable de s’ouvrir à l’autre, de le respecter dans sa différence, sous prétexte que les valeurs du méritant personnage qu’il persécute différent quelque peu des nôtres au plan de l’égalité homme femme, notamment.

Il blâme ce prêcheur pour avoir dit que les femmes avaient besoin d’un tuteur et que la démocratie est incompatible avec l’islam, puisqu’elle peut contribuer à faire élire des représentants homosexuels ou athées !  En clair, le politicien condamne ce pauvre homme pour de légères digressions d'avec notre vivre-ensemble.  Comment s’étonner que ce dernier demande réparation devant la justice ?

Je ne reviendrai pas sur le cas ô combien pathétique d’Adil Charkaoui, ce démocrate dont les aptitudes de découvreur de talents ne sont plus à vanter, pas plus que je ne m’étendrai sur celui de son acolyte, l’imam Salam Elmenyawi, cet ardent promoteur de la sharia, un style de vie dont les mérites encourageant la paix domestique coulent de source.  Faut-il rappeler que le saint marocain a dû menacer de poursuites les deux cégeps qui l’avaient banni sous les prétextes les plus anodins, en plus de continuer à exiger 24,5 M $ du gouvernement fédéral  ?

Et que dire des cette multicolore hijab Barbie, dont je tairai le nom afin de préserver sa sécurité, sans doute aussi menacée que celle de Judith Lussier l’été en petite robe blanche !  Cette infortunée trouve heureusement un salutaire réconfort dans le soutien de sa fluorescente avocate, militante dont les valeurs féministes nous catapultent dans un émerveillement béat.  Comment expliquer à cette jeune fille que ses propres commentaires, émis lors d’une émission dominicale à forte cote d’écoute, ont bien davantage concouru à son malheur, par l’intolérance populaire qu’ils ont suscités, que les propos des personnes et sites qu’elle a décidé de poursuivre en justice ? 

Au fond, peut-être devrait-elle s’en prendre à l’animateur de cette émission fatidique, qui l’a attirée dans un sournois guet-apens ou, pourquoi pas, envisager de se poursuivre elle-même ?  Qui n’a pas besoin d’un hobby ?

Djemila Benhabib, intolérante...
Du côté scolaire, une école privée a décidé de condamner l’intolérance de Djemila Benhabib, cette autre militante laïque résolument fermée à l’incomparable apport de l’islam à notre collectivité.  Figurez-vous que, après avoir visité le site Web de l'institution nommée Les Écoles musulmanes de Montréal, elle a osé déclarer : «Ça ressemble à l'endoctrinement digne d'un camp militaire en Afghanistan ou au Pakistan.» Joignant l’injure à l’insulte, elle a précisé plus loin que les sourates (versets coraniques) proposées aux enfants avaient un «caractère extrêmement violent» et «misogyne et sexiste».   L’islam, violent, misogyne et sexiste !  Il y en a pour voir le mal partout…  Faut-il s’étonner si cette école, si injustement fustigée, a elle aussi décidé de poursuivre son agresseuse ?

Plus récemment, un père de famille résolument islamophobe a reçu une mise en demeure pour avoir affirmé sur les réseaux sociaux qu’il ne voulait pas que son enfant soit endoctriné par une « religion de marde » en parlant bien sûr de l’islam.  Imaginez l’intolérance !  Ne devrait-on pas soustraire son fils de huit ans à l’autorité paternelle d’un tel individu et confier son éducation à un centre de loisirs musulman tout près de chez lui ?  Saluons au passage l’intervention éclairée de la Commission scolaire des samares, qui démontre que même des Québécois de souche peuvent se montrer solidaires quand vient le temps de défendre les valeurs islamiques. 

Malgré cette dernière intervention, l’évidence de notre repli sur nous-mêmes ne nous saute-t-elle pas aux yeux ?   Qu’il est escarpé, long et pénible, le chemin des martyrs islamiques sur le chemin de la juste reconnaissance que leur refuse obstinément notre société laïque, démocratique, humaniste, égalitaire et pacifique !  Comment expliquer la froideur sociétale qu’est la nôtre devant les caractéristiques fondamentales contenues dans le Coran, véritable livre de recettes pour une vie collective remplie de rebondissements aussi étonnants que spectaculaires ?   

Vraiment, il y a des jours où je ne nous comprends plus…