mercredi 20 avril 2016

Driving Justin Trudeau sikh ?

En juin dernier, nous apprenions que la GRC, dont l’embarrassante incompétence avait probablement permis l’exécution du pire attentat terroriste canadien, était justement chargée, contre toute logique, de faire la lumière sur l’explosion en plein vol du Boeing d’Air India impliqué, entraînant en 1985 la mort de 329 personnes dont 80 enfants et 268 canadiens. 

Justin Trudeau, un modèle d'intégration...
J’avais donné dans ce billet les détails de cet épisode catastrophique quant à l’efficacité et à la crédibilité de nos services de renseignements.   Pourquoi donc ai-je l’impression que l’enquête sur les causes et les auteurs de cet attentat terroriste, qui dure maintenant depuis un bon 30 ans, va continuer à s’éterniser ?

Quand on sait que les terroristes étaient des sikhs revendiquant l’indépendance du Penjab en s’en prenant à des intérêts indiens, que le parti libéral du Canada regroupe une importante communauté sikh, et que notre distingué premier ministre, en plus de ménager cette clientèle, aime jouer la carte internationale d’un multiculturalisme harmonieux et respectueux de la richesse de sa diversité, on peut légitimement douter d’un dénouement prochain des recherches de la GRC.  Moins il y aura de vagues, plus Justin sera content…

Un ministre désarmant…

En gage de cette ouverture sur l’autre dont se targue notre premier ministre, ce dernier a fait sensation en nommant le sikh enturbanné Harjit Sajjan, natif du Penjab, ministre de la défense.  Il aurait pu le nommer à la Sécurité publique, responsable de l’enquête de la GRC sur l’attentat d’Air India, pourquoi pas ?  Sa barbe et son turban, autant que ses états de service, il faut dire impressionnants, ont fait jaser, pour le meilleur mais davantage pour le pire.  Après avoir passé 11 ans dans la police de Vancouver avant de joindre l’armée canadienne où il deviendra lieutenant-colonel lourdement médaillé, il a été le premier sikh à diriger un régiment canadien à Kandahar.

Harjit Sajjan, ministre de la défense...
Malgré de tels états de service, le nouveau ministre a été loin de faire l’unanimité, provoquant même le départ de plusieurs cadres sikhs du parti libéral de Colombie-Britannique lors de son investiture à Vancouver Sud en 2014.  Ces militants lui prêtaient des liens avec la World sikh organization (WSO), fréquemment considérée comme extrémiste et séparatiste :

« Nous pensons que le parti libéral a été pris en otage par la WSO », a affirmé  Rajinder Singh Bhela, un libéral de longue date et ancien secrétaire général du Ross Street Temple, le plus important temple sikh de Vancouver.   Il faut savoir que le favori dans cette investiture, un important homme d’affaires du nom de Barj Dhahan avait été fortement prié de se retirer afin de laisser la voie libre à Sajjan, qui n’aurait jamais pu être élu sans ça.  Interrogé par CBC sur les raisons de son retrait, Dhahan s’est borné à dire qu’il avait  agi contre son gré.

Bien qu’étant le fils d’un membre important de la WSO, Kundan Sajjan, le nouveau ministre s’est exprimé ainsi, lors de sa nomination comme ministre, sur les ondes de CBC :  « Je ne suis pas un membre de la WSO et je n'ai pas reçu d'ondes négatives de qui que ce soit »,  ce qui n’a pas empêché la branche canadienne de la WSO d’applaudir sa nomination ainsi que celle de trois autres ministres sikhs, dont une première femme.  Il y a des amis, comme ça, qu'on préfère oublier  Le parti libéral a en outre fait élire 17 députés sikhs et le pendhabi, la langue du Penjab, parlée par une vingtaine de députés, sera la troisième en importance à la chambre des communes. Une pere...

Barj Dhahan, évincé
Preuve que tous les sikhs ne sont pas des extrémistes, Kashmir Dhaliwal, ex-president de la Khalsa Diwan Society, fondée par des sikhs en 1902, a écorché son chef au passage : « Le parti libéral, particulièrement Justin, couche avec les groupes extrémistes et fondamentalistes.  C’est pourquoi j’ai décidé de quitter le parti libéral. 4000 autres auraient fait de même. 

Strange bedfellows…

Fondée en 1984, soit un an avant l’attentat d’Air India, la WSO, représentée par deux branches, l’une, américaine, l’autre, canadienne, s’est donné pour mission de représenter les sikhs, au plan mondial, et de défendre leurs intérêts ainsi que d’autres causes qu’elle considère sociales.   

On pourra s’étonner que, en dépit de l’aura de suspicion qui entoure cette organisation, au point où certains l’associent même à l’attentat d’Air India, elle ait pu justement obtenir un statut d’intervenant au cours de l’enquête publique lancée par les conservateurs en 2007 sur cette tragédie, sans pour autant jeter de lumière sur ses nombreuses zones d’ombre...

Le kirpan à l’école, c’est eux.  Tout comme le droit pour un officier de la GRC ou des membres de la ligue québécoise de soccer de porter le turban, des écossais d’arborer leur kilt et… eh oui, le droit pour une musulmane de porter son niqab lors de son assermentation de citoyenneté.  

Il s’agit sans doute d’une coïncidence si Justin Trudeau a retiré l'appel porté à la cour suprême par les conservateurs en vue d'abroger la décision de la cour d'appel d'autoriser ce port. C’est à se demander si la WSO n’a pas eu aussi quelque chose à voir avec l’annulation de la loi des conservateurs retirant sa citoyenneté à tout immigrant reconnu coupable de terrorisme.

L’actuelle sur représentation des sikhs, tant au sein de la députation libérale qu’au conseil des ministres, fait jaser.  Au-delà de la quantité, il y a la qualité.  Plusieurs sikhs méritants ont déserté le navire, constatant une dérive imminente.  Était-ce bien la chose à faire ?  Une fois les marins partis, les pirates ne risquent-ils pas de mener le navire, avant qu’il ne sombre ?

Ah, et puis, pour le dénouement de l’enquête sur l’attentat d’Air India, vous anticipez quoi ?  Faudrait pas trop croire au Père Noël.  Bientôt, ce sera sans doute illégal...

2 commentaires:

Prof Solitaire a dit…

Mais c'est tout simplement fascinant! Je ne savais strictement rien de tout ça! C'est un formidable billet que tu nous offres là! Ahurissant... merci!

Olivier Kaestlé a dit…

Merci, Prof. C'est vrai que nos médias gauchistes n'insistent pas trop sur ces réalités, surtout pas Radio-Canada, la patte graissée à 750 M $ par Trudeau, ni Gesca, allié traditionnel du PLC...