mardi 6 juin 2017

Affaire Jim Carrey : si vous voulez quitter une conjointe dépressive…

…Il faudra y penser à deux fois si Jim Carrey est reconnu coupable d’avoir poussé au suicide son ex, Cathriona White, pour l’avoir quittée.  Le célèbre acteur pourrait même se voir reconnu coupable d’homicide par imprudence… C’est aussi absurde et tragique que ça en a l’air.
  
Jim Carrey, accusé
Selon le Figaro : « L'acteur est soupçonné d'être la cause de cet acte de désespoir. Apparemment dépressive après s'être séparée de Jim Carrey en 2015, la jeune femme a expliqué dans une lettre d'adieu que cette rupture l'avait poussée à mettre fin à ses jours. »

Voilà.  Il n’en fallait pas moins pour qu’une justice prédatrice, manœuvrée par une famille aux motivations suspectes, se serve d’un drame conjugal pour tenter de condamner une riche vedette et surtout d’ouvrir un nouveau marché.  Le sexe de la défunte a sans doute pesé lourd dans la décision de poursuivre, d’autant plus qu’elle concerne une situation impliquant deux ex conjoints, un terrain propice à bien des abus juridiques. 

Gageons par ailleurs que si Brad Pitt s’était suicidé après sa rupture avec Angelina Jolie, les chances de la famille de l’acteur de convaincre un juge d’intenter un procès à l'actrice n’auraient aucune chance d’aboutir.

Les faits

Toujours selon le Figaro : « Cathriona White s'était donné la mort le 28 septembre 2015 en absorbant de l'Ambien (un somnifère), du Percocet (un antidouleur) et du Propranolol pour lutter contre les crises de panique. Les médicaments auraient été achetés par Jim Carrey sous un faux nom. Une pratique tout à fait courante aux États-Unis pour conserver l'anonymat des vedettes, mais un motif suffisant pour la famille de douter de sa probité. »

En clair, tous les moyens et tous les prétextes sont bons pour profiter de la mort tragique de la jeune femme.  Malgré la taille des ficelles d’une poursuite qualifiée à juste titre de malveillante par l’avocat de Carrey, et la demande de celui-ci d’abandonner les charges contre l’acteur, le juge de la Cour supérieure de Los Angeles est resté inflexible.  Le procès, qui devrait durer une vingtaine de jours, débutera le 26 avril 2018.

« What’s love got to do with it ? »

Si la justice de Los Angeles fait piètre figure dans cette histoire qui n’aurait jamais dû commencer, la mère de la défunte et, surtout, l’ex-mari de celle-ci, ne se mériteront certainement pas un appui populaire massif. 

Selon le Figaro : «Ces accusations sont portées par Mark Burton, l'ex-mari de Cathriona White. Jim Carrey y a répondu en révélant que cette relation n'était qu'un mariage blanc pour que sa compagne puisse obtenir des papiers. Il a aussi été révélé que Burton fait partie de la secte de l'église scientiologique américaine. »  Si l’acteur dit vrai, les motivations de Burton d’intenter poursuite sont aussi douteuses que celles pour lesquelles il a contracté un mariage blanc.  Comme le chante Tina Turner : « What’s love got to do with it ? »

Burton accuse Carrey d’avoir été au courant des idées suicidaires de White et d’avoir utilisé un système de caméras pour l’espionner.  Et si ce dispositif, s’il a jamais existé, avait été installé précisément pour prévenir une tentative de suicide ?  Et depuis quand le fait d’être au courant d’idées suicidaires devient une garantie et une obligation absolues d’empêcher le passage à l’acte ? 

Cathriona Withe et son « dévoué » ex-mari, Mark Burton...
Peut-on par ailleurs supposer un seul instant qu’une femme équilibrée et saine d’esprit ait pu se voir transformée en épave suicidaire au contact d’un amoureux, célèbre ou non ?  Carrey a affirmé que les problèmes de son ex «remontaient bien avant notre rencontre, et malheureusement, personne n'a été en mesure d'avoir le contrôle sur sa fin tragique. J'espère vraiment qu'un jour prochain, les gens arrêteront d'essayer de tirer profit de ça et la laisseront reposer en paix».

Une sale histoire que tout ça, impliquant une parodie de justice initiée par un homme aux motivations plus que douteuses.  Carrey n’avait pas assez de vivre un deuil qui pouvait le culpabiliser et l'accabler, il fallait encore que le système judiciaire américain en rajoute. 

Sans banaliser les souffrances de l'acteur, le plus grave dans cette affaire reste les conséquences qu’une jurisprudence le condamnant pourrait avoir sur la possibilité de poursuivre un veuf après le suicide de sa conjointe, même dans le cadre de notre système judiciaire.  La justice invoquera la nécessité de châtier les coupables, un prétexte qui ne servira qu’à justifier l’ouverture d’un nouveau marché sur le dos de la misère humaine…

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Avec tous le gynocentrisme fous d'aujourd'hui, je ne peux toujours pas croire que les hommes risquent encore leur vie, leur richesse et leur liberté en ayant des relations. Quelle triste histoire qui s'est terminée par un suicide.

Pour tous les hommes (et les femmes (regardez du cote de Mark Lafleur), la vie n'est pas un jeu, votre vie importe, croyez en vous-même et vivez à votre façon, selon vos termes et conditions.

Quelle histoire de merde et merci Olivier

FHB