jeudi 24 novembre 2011

Affaire Shafia : Québec solidaire se… prononce ?

Famille Shafia : de l'honneur à l'horreur...
Il y a quelque temps, j’interpellais Amir Khadir et Françoise David, de Québec solidaire, de même qu’Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), quant à leur - éventuelle - position sur l’affaire Shafia, qui a mené à la mort de quatre femmes à Kingston, Ontario, ainsi qu’au procès fort médiatisé que nous suivons, abasourdis, depuis la mise en accusation de Mohammad Shafia, de sa seconde épouse, Tooba Yahya et de leur fils, Hamed Mohammad Shafia.  Je reproduis ici le courriel envoyé :

« Les quatre femmes assassinées dans un contexte de crime d'honneur, et celles qui pourraient suivre, si nous restons aussi mollement tolérants, allez-vous en parler le 25 novembre, journée de l'élimination de la violence faite aux femmes ?  Allez-vous dénoncer cet intégrisme meurtrier pour les femmes ?

Ou allez-vous encore laisser braire nos militantes à grands coups de statistiques dopées démonisant nos hommes québécois, selon Statistique Canada les plus inoffensifs au Canada ?  Ah, cette racaille de mâle québécois blanc et hétérosexuel !

Le temps serait venu pour vous, et dans l'intérêt réel et légitime des femmes du Québec,  d'un réveil salutaire ! »

Alexa Conradi : un modèle de discrétion.
Si Mme Conradi est restée muette comme une carpe, c’est par la plume de son attaché politique, Christian Dubois, que Québec solidaire m’a consenti la gracieuseté de me répondre, ce 24 novembre, à la veille même de la journée de l’élimination de la violence faite aux femmes  :

« Nous vous prions de tenir compte du fait que nous recevons un grand volume de courrier chaque jour. En conséquence, nous ne sommes pas toujours en mesure de répondre rapidement aux questions et demandes. Merci de votre compréhension.

Québec solidaire, M. Khadir et Mme David ont souvent dénoncé les intégrismes religieux qui écrasent et tuent des femmes. Comme vous semblez suivre ce sujet, vous aurez sans doute entendu parler de leur opposition à la venu au pays des dirigeants de IERA (Islamic Education and Research Academy) qui véhiculent des positions rétrogrades sur le châtiment corporel des femmes et la criminalisation de l'homosexualité. Une motion a été votée à l'Assemblée nationale avec notre appui sur ce sujet. http://209.171.32.187/gouvqc/communiques/GPQF/Octobre2011/18/c5101.html

Vous connaissez peut-être aussi l'appui de M Khadir à Nathalie Morin dont les enfants sont retenus en Arabie Saoudite en raison des lois rétrogrades de ce pays. http://www.youtube.com/watch?v=7c6yylNJ3LY

En espérant que le tout aura permis de corriger cette perception que vous semblez avoir que Québec solidaire ou de ses porte-parole comme étant endormis, voire complaisants, sur les questions qui touchent les danger de l'intégrisme. »

Amir Khadir : pas toujours évident...
On ne pourra pas m’accuser de ne pas avoir donné à Québec solidaire l’occasion d’exposer ses positions sur une tragédie sans précédent.  Bien sûr, son envoi dénote bien ses préoccupations sporadiques sans doute sincères sur des injustices ou des prises de position particulièrement menaçantes pour les femmes de notre collectivité, qu’elles soient d’obédience musulmane, ou Québécoises dites de souche, en contact, passager, régulier ou non, avec des islamistes rétrogrades, individus qu’il ne faudrait cependant pas assimiler à l’ensemble de la collectivité musulmane. 

J’avais bien pris en note que Québec solidaire avait manifesté sa vive désapprobation à la venue des deux conférenciers islamistes misogynes et homophobes de l’IERA, et avait failli tomber en bas de ma chaise en constatant que la FFQ lui avait même emboîté le pas !  Voilà qui confirme la cohésion qui unit ces deux entités sur ces questions délicates.  Je ne peux également que féliciter Québec solidaire pour son soutien à Nathalie Morin, toujours prisonnière en Arabie Saoudite et, semble-t-il, abandonnée par un gouvernement davantage préoccupé par ses liens d’affaires avec ce pays rétrograde, mais riche en pétrole, que par la défense des droits légitimes d’une femme et de ses trois enfants.  J’avais moi-même pris position sur ce sujet interpellant

Je rappelle toutefois ma question : « Les quatre femmes assassinées dans un contexte de crime d'honneur, et celles qui pourraient suivre, si nous restons aussi mollement tolérants, allez-vous en parler le 25 novembre, journée de l'élimination de la violence faite aux femmes ? »  C’était une question claire, non ?  Là-dessus, je n’ai eu aucune réponse.  Il me semble que, si Québec solidaire veut rester cohérent avec les positions qu’il vient lui-même de me communiquer par l’entremise de son attaché politique, il doit se prononcer sur cette épineuse question.

Il aura beau, dans ce cas précis, se réfugier éventuellement derrière la présomption d’innocence, ou le droit des accusés à un procès juste et équitable, la preuve accumulée et divulguée à ce jour est devenue à ce point accablante que l’on voit mal comment un verdict d’homicide volontaire pourrait ne pas conclure cette sordide affaire.  Nous n’avons pas affaire à des causes de décès psychosomatiques, que diable !

Québec solidaire n’est-il pas féministe ?

Le projet de loi 94 : sur la glace...
Bien sûr, le député de Mercier a de nombreuses fois fait adopter des motions condamnant des gestes ou des postions portant atteinte aux droits humains, et il serait injuste de passer ces initiatives louables, à défaut d’être déterminantes, sous silence.  Il arrive toutefois à Amir Khadir de parler des deux côtés de la bouche comme par exemple sur le projet de loi 94, interdisant le port du niqab dans l’espace public, qui doit avoir acquis la dureté du silex, depuis le temps qu’il se trouve sur la glace.  À son dépôt, à l’époque par Yolande James, alors ministre de l’Immigration, Khadir avait manifesté un enthousiasme certain, allant jusqu’à déclarer que le projet allait dans la bonne direction.  Quelques mois après, le même homme disait du même projet que Québec avait manqué l’occasion d’affirmer une société résolument laïque.  Que s’est-il passé entre ces deux pages d’histoire ?

Le meurtre fanatique de quatre femmes a ébranlé notre société et éveillé les consciences au point même où Marie-Claude Lortie, chroniqueuse à La Presse habituellement partisane d’une molle tolérance envers la montée islamique, a réussi à s'indigner.  S’insurger contre le sort de Nathalie Morin en Arabie Saoudite, c’est bien, et je me montrerais incohérent d’affirmer le contraire, mais cette tragédie qui a frappé nos voisins ontariens et qui, selon toute vraisemblance, a été perpétrée par des Montréalais d’adoption, commande une prise de positon énergique et immédiate.  Ce n’est pas faire preuve d’alarmisme que de concevoir que de tels drames familiaux peuvent se reproduire.  Voilà pourquoi le 25 novembre pourrait enfin revêtir une pertinence qui irait au-delà de la sinistre comédie victimaire démonisant l’homme québécois à l’aide d’études biaisées et de chiffres dopés dont nous avons soupé.   Demain, nous serons justement ce 25 novembre, et cette journée a 24 heures, comme toutes les autres.  Il sera encore temps de vraiment prendre position !

15 commentaires:

Malthus a dit…

Je ne comprends pas en quoi le meurtre de ces quatre femmes (si c'en est un) devrait commander une "prise de position immédiate et énergique"- pour reprendre vos propres termes, Olivier.
Un meurtre prémédité est un meurtre prémédité. 25 ans fermes aux écrous. C'est tout. Simple-simple et peu importe la raison qui l'anime.
Devrions-nous altérer nos sentences pcq ce sont des femmes qui en sont victimes? Devrions-nous être plus durs pcq ce sont des musulmans qui sont coupables del'intention de tuer, pour des motifs qui ne sont pas "chrétiens"???
Vous présentez ces (supposés) meurtres comme une " question épineuse" et vous apostrophez nos figures politiques comme si nous n'avions pas, déjà, une position clairement définie contre les meurtres prémédités...
Je dois avouer ne pas comprendre. Souhaitez-vous voir l'imposition de sentences plus hardues imposées lorsque le meurtre prémédité dépasse notre entendement culturel? Des sentences plus lourdes pcq des femmes en sont les victimes?
Qu'est-ce que Kadir, spécifiquement, a à voir avec ce procès hormis le fait qu'il est brun et qu'il porte un nom "étranger", comme les accusés? Est-il soupconné des mêmes biais culturels? Le croit-on partisan et supporteur des meurtres d'honneur? Il est brun alors à lui- et à lui seul- le soin de commenter et prendre position sur les crimes bruns?
Honnetement, Olivier, je suis héberlué par la teneure de cet article.

Olivier Kaestlé a dit…

Je suis moi-même fils d'immigrant, brun (poivre et sel) et porte un nom étranger.

Mon interpellation de Québec solidaire et de la FFQ n'a strictement rien à voir avec les motifs fantaisistes que vous lui prêtez, mais bien avec leur tolérance irresponsable envers la montée de l'islamisme envisagé comme un mouvement global. Que l'on regarde du côté de l'Europe ou des conséquences pour le moins mitigées du printemps arabe, il est clair que cette mouvance est en pleine expansion et que le Québec, comme le Canada, ne sera pas épargné. Pour moi, c'est une évidence.

Aussi mon article doit être envisagé dans une perspective préventive - ce que je croyais clair - devant notre indolence face à des comportements violents d'une nature différente de ceux que nous connaissons, puisque leur motivation a d’autres racines. Or je suis opposé à toute forme de sexisme, Malthus, et dans ce cas, ce sont les femmes qui écopent, devant l’indifférence de nos féministes, étatiques et politiques, qui considèrent nos Serges comme la pire menace terrestre. Québec solidaire m’a toujours paru ambigu dans ses positions envers certains comportements et coutumes, vestimentaires notamment, comme s’ils n’étaient pas l’expression même d’une culture religieuse fanatique et oppressante.

Des politiques doivent absolument prendre position sur cette affaire, je le répète, qui n'a rien d'un meurtre « supposé », parce que l'État doit afficher un message clair devant mettre un terme à notre légendaire « tolérance » policière, judiciaire, sociale et sociétale envers la différence religieuse. Ces femmes ont demandé de l'aide, à une école, à la DPJ, à une maison d'hébergement, à divers intervenants, sans qu'elles soient secourues, malgré un climat d’oppression extrême et flagrant. Me semble qu'une telle négligence mérite d'être dénoncée haut et fort, et des correctifs préventifs apportés, pensez pas ?

Par ailleurs, je ne vois pas où vous êtes allé pêché que j’interpelle Khadir pour qu’il use de son aura afin de faire modifier le code criminel canadien pour qu’il soit plus sévère envers les femmes victimes et plus punitif encore quand elles sont musulmanes. À mon tour d’être éberlué. Votre commentaire relève du procès d’intention. Le meurtre de ces quatre femmes n’est pas la cause première de mon intervention, il en est le déclencheur. Ces crimes représentent à mes yeux la conséquence évitable de notre laxisme envers la « différence ».

C’est, je le répète, afin d’éviter que d’autres tragédies ne surviennent qu’il me paraît plus que pertinent et légitime que Québec solidiare, parti politique qui se définit comme féministe, donne enfin un sens à cette journée du 25 novembre qui n’en a aucun. C’est dans cette optique, et dans cette optique seulement, que j’ai interpellé ce parti politique, au même titre que la FFQ, étant donné leurs liens privilégiés. J’espère que là, je suis clair.

Anonyme a dit…

Or je suis opposé à toute forme de sexisme, Malthus, et dans ce cas, ce sont les femmes qui écopent, devant l’indifférence de nos féministes, étatiques et politiques, qui considèrent nos Serges comme la pire menace terrestre.

Qui est ce Serge tant craint par le féministe, Olivier ?

Olivier Kaestlé a dit…

Si votre question est sérieuse, je vous informerai que les Serges sont des représentations caricaturales de « mâles » québécois, définies par nos primas donnas féministes comme vulgaires, machos, sous-développés intellectuellement et dont les principaux sujets d’intérêt se résument aux sports, aux « chars », aux « pitounes » et à divers activités primaires telles que concours de wet t-shirts, par exemple. Aux yeux de certaines militantes, il s’agit là du portrait-robot de l’homme québecois.

Anonyme a dit…

Permettez-moi d'ajouter ceci. Il y avait une guerre entre Shafia le père et ses filles et son ex. Que le père ait exercé une pression culturel trop forte sur la famille est évidemment une mauvaise chose. Mais si la fille a fait explosé les choses en, par exemple, se mariant très jeune, et provoquant ainsi encore davantage la colère du père, cela n'a fait qu'envenimer les choses. Comme j'ai déjà dit sur un autre de tes blog Olivier, si ex Madame Turcotte avait pris le temps de faire son deuil de son son ex, et de ne pas le remplacer immédiatement par un autre homme, il est pratiquement certain que les deux enfants seraient encore vivants aujourd'hui. De plus, lorsqu'une personne sort d'une relation difficile, il est impératif de faire un deuil et prendre le temps d'analyser la situation. Il n'y a pas si longtemps en Italie, le crime passionnel était accepté. Quoi, est-il normal qu'une homme qui adore sa femme, ne pète PAS les plombs lorsqu'il la surprend en train de faire un pipe à un autre homme ????? Sortir de la poêle à frire pour sauter dans le chaudron d'eau bouillante n'est pas très brillant. Et il y en a qui ont le tour de se mettre les deux pieds dans la chaudière à marde. Et je dirai même qu'il faut être sot (sceau) pour se mettre les deux pieds dans la chaudière. Conduire une voiture en ébriété est un crime car les facultés mentales sont embrouillés. Mais il n'est pas toujours nécessaire de prendre de l'alcool et de conduire une voiture pour avoir un comportement anormal et dangereux. Ça prend pas la tête à Papineau pour comprendre ces choses.

Anonyme a dit…

Si votre question est sérieuse, je vous informerai que les Serges sont des représentations caricaturales de « mâles » québécois, définies par nos primas donnas féministes comme vulgaires, machos, sous-développés intellectuellement et dont les principaux sujets d’intérêt se résument aux sports, aux « chars », aux « pitounes » et à divers activités primaires telles que concours de wet t-shirts, par exemple. Aux yeux de certaines militantes, il s’agit là du portrait-robot de l’homme québecois.
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C'est vrai Olivier. Mais je ne sais pas si tu l'as remarqué. Il y a présentement environ 150 millions de femmes qui exposent leurs parties génitales de toutes les manières et sauces sur Internet. Et beaucoup de ces femmes aiment les Serge qui ont des grosses bagnoles, qui blasphèment, etc... et même qui sont un peu dans le trip du sado-maso. On à qu'à remarquer combien de femmes se font tatouer depuis un certain temps. Pas 10 000 femmes Olivier, mais environ 150 millions. c'est quand même pas un petit nombre banal. Alors, il est où le vrai problème ?

Olivier Kaestlé a dit…

Je veux bien admettre que le fait de marier son petit ami n’ait rien arrangé, mais je ne suis pas d’accord avec votre comparaison entre l’affaire Shafia et l’affaire Turcotte, qui comporte encore à ce jour plusieurs zones d’ombre. L’une d’elles tient au fait que Mme Bastien avait menacé le cardiologue, 24 heures avant le double meurtre, de lui ravir ses enfants, de changer leurs noms et de disparaître.

Compte tenu de l’absence de droits consentis aux pères au Québec, cette menace, ajoutée aux circonstances que vous évoquez, n’a pas aidé. Plutôt que de faire un deuil abusif et interminable, Mme Bastien aurait dû plutôt faire preuve d’un élémentaire tact envers son ex, littéralement catapulté hors de son foyer au lendemain de la rupture. À ce propos, la dame ne semble pas avoir brillé par la compassion. Turcotte a pu agir comme il l’a fait parce qu’il ne se sentait, à tort ou à raison, plus aucun pouvoir sur sa vie, ni sur ses droits parentaux, ce qui ne l’excuse en rien.

Nous sommes bien loin du cas de Mohammad Shafia, qui au contraire se sentait autorisé de droit divin à exercer un contrôle absolu sur sa progéniture, et qui a ressenti les incartades de son aînée comme un défi sacrilège envers son autorité. Là où j’arrive encore moins à admettre une telle tragédie, qui retombera vraisemblablement sur les trois présumés assassins, c’est dans le manque de soutien des nombreux intervenants au dossier qui, tout en sachant le caractère oppresseur de Shafia, n’ont rien fait pour soustraire ces femmes à ce tyran. Croyez-moi que si un Québécois de souche n’avait ne serait-ce qu’esquissé une volonté de contrôle dix fois moindre, la DPJ se serait montrée autrement plus pro-active…

Olivier Kaestlé a dit…

« Et beaucoup de ces femmes aiment les Serge qui ont des grosses bagnoles, qui blasphèment, etc... et même qui sont un peu dans le trip du sado-maso. »

Bien d’accord qu’il existe en grand nombre ce genre de femme écervelée et incongrue. Heureusement, il n’y a pas qu’elles. Pour ce qui est du « vrai problème », je n’ai aucune hypothèse sinon que le fait de vivre dans une société qui valorise l’individualisme et les relations jetables après usage favorise la multiplication de comportements adulescents.

Anonyme a dit…

Tu as raison sur certains points Olivier. On se comprend je pense. Dans le fond la vertue est dans le milieu. La plupart du temps, nous avons tous une part de responsabilité dans ce qui nous arrives. Essentiellement, c'est ce que j'ai voulu faire ressortir de mes précédents commentaires. Beaucoup de femmes aiment les Serge, comme les hommes aiment les grosses boules, même s'il sont remplies au silicone. C'est l'offre et la demande.

Olivier Kaestlé a dit…

La vertu est bien au milieu, comme les responsabilités de chacun. Pas de Serge, pas de "pitoune", pas de "pitoune", pas de Serge. ;-)

Malthus a dit…

Le point que je soulevais est que nous ne sommes pas "mollement intolérants" face au meurtre, fut-il un hit commandé par les Hell's angels ou un crime d'honneur musulman. Envoyer ces quatres personnes au bagne pour 25 ans ferme (si ils sont reconnus coupables)est la meilleure déclaration d'intransigeance et de non-mollesse qu'on puisse envoyer au visage des intégristes.
Le message sera clair et direct: vous n'êtes pas dans un pays ou ce genre de chose est accepté. C'est un crime qui se vaut la plus dure sentence.
Je comprends que mon commentaire vous ai piqué au vif mais le fait demeure: vous n'avez rien mentionné dans votre billet de l'échec *total* des intervenantes sociales dans cette affaire. Si vous l'aviez fait, j'aurais mieux compris votre angle et aurais abondé dans votre sens. Nos féministes bien endocterinées ont, effectivement, manquées une occasion en or de sauver des femmes. A tout prendre, leur fixation idéologique sur les Serges et leur dédain naturel pour la culture arabo-musulmane aura grandement contribué au décès de ces femmes.
Shame on them!
Mais là n'était pas votre point, Olivier. L'ensemble du billet parlait de durcissement de positions, d'intolérance accrue et la question qui me revenait constemment en tête était celle-çi: mais face à quoi??? Plus dur que dur envers "leurs" meurtres, "leurs" motifs (d'ou mes questions sur les sentences)?
Et advenant le cas que le durcisement de positions n'est pas de cet ordre, que reste t-il sinon qu'un durcissement envers les musulmans en général?
Votre réponse à mon commentaire a nettoyé l'ardoise de mes doutes et remis les pendules à l'heure: vous souhaitez une meilleure prévention et une intolérance accrue quant aux dangers bien réels que vivent certaines femmes qui n'ont pas, d'emblée, la cote chez nos intervenantes/féministes.
Sur ces points, je joins ma voix à la vôtre.
Ce n'était pas clair dans le texte- ce l'est beaucoup plus maintenant. Merci de la clarification.

Olivier Kaestlé a dit…

Je vous concède que mon propos aurait pu etre davantage étoffé, ce que votre commentaire m'a rendu plausible, comme vous ne m'avez pas habitué à débiter des inepties.

Si c'était à refaire, je serais certainement plus clair. Comme cette affaire n'en est pas encore arrivée à sa conclusion, j'aurai l'occasion de me reprendre. La critique pertinente est toujours profitable. Merci.

AFGHANE a dit…

Bonjour, je suis originaire de l'Afghanistan et je suis plus que désolée de voir les propos ici mentionnés. Étant née en Afghanistan et ayant immigré ici il y a 12 ans pour des raisons de sécurité ( non pas à cause de ma culture, mais à cause de guerres interminables entre les pouvoirs en place), je suis pronfondément décue d'entendre de la part de mon peuple québécois de telles représailles. Force est de constater, vous en conviendrez, que les médias mettent beaucoup plus d'accent sur le fait que ces personnes sont afghanes que sur le crime en soi. Vivant moi-même selon la culture afghane, je trouve aussi sauvage sinon plus que vous ce geste posé à l'endroit des 4 femmes. Il est important de relever que pendant mes 12 années passées au Canada, je n'ai jamais entendu une telle histoire à propos des afghans d'autant plus que nous sommes une grande communauté au Québec( environ 10 000 à 15 000. Bon nombre d'histoires concernant des québecois qui tuent leur enfant, SANS AUCUN MOTIF, ont totalment passées inaperçues alors que cette histoire a provoqué une véritable colère de la part des québecois à l'endroit des afghans et plus précisément à l'endroit de notre culture. Pour «justifier» le crime de ces quelques meurtriers québecois vous me direz qu'il y a des fous partout et moi de vous répondre que Mohammad Shafia est l'un de ces fous.Je trouve vraiment désolant que mes confrères québécois se rabaissent à ce niveau et oublient instatanément que tous les autres afghans au Québec sont d'honnêtes citoyens et qu'ils contribuent à faire avancer le Québec. C'est très dommage que depuis cette histoire nous avons pratiquement honte de dire que nous sommes afghans alors que notre culture ne prône pas ces valeurs extrémistes, mais que c'est en réalité quelques fous extrémistes qui prônent ces valeurs. Que faites vous des quelques autres milliers de Canadiens d'origine afghane qui n'ont jamais rien fait de mal? Est-il légitime de briser la réputation de notre culture pour un crime isolé? Et ne me sortez pas d'exemple des arabes, nous ne sommes pas arabes, nous avons une culture bien différente. Il est tout à fait illogique de dire que la culture commande un meurtre. Oui, j'en conviens les afghans tiennent à leurs valeurs traditionnelles sans pour autant exagérer et tomber dans le meurte. Les personnes comme Mohammed Shafia ont seulement une soif de pouvoir et non ce n'est pas à cause de la culture, car autant que l'on vous montre cette idéologie du mâle dominant en Afghanistan dans vos médias, il en est tout autre en réalité. En outre ,un autre fait qui me désole et qu'au nom de la paix les Canadiens ou les Américains vont «aider» en Afghanistan et on montre dans les médias pendant plusieurs jours leur dépouilles ramenées au pays. Est-ce qu'on a jamais montré les milliers de civils que l'on tue à chaque jour au nom de cette paix? J'espère vous avoir fait réfléchir et vous avoir sensibilisé un peu à ce à quoi nous devons faire face tous les jours en tant qu'Afghans.

Olivier Kaestlé a dit…

Je trouve dommage, Afghane, que vous ayez interprété mon propos comme une condamnation unilatérale de votre race et de votre culture. J'ai tenté de dénoncer l"intégrisme religieux, par définition minoritaire, et ai pris la peine de nuancer mon propos en spécifiant que je parlais d"islamistes rétrogrades, individus qu’il ne faudrait cependant pas assimiler à l’ensemble de la collectivité musulmane." Nul doute, dans mon esprit, qu'il faut se garder de généralisations arbitraires.

Là où j'éprouve un problème certain, devant cette tragédie, c'est face au manque de solidarité dont nos intervenants sociaux, la DPJ, une direction d'école et même jusqu'à la police, ont fait preuve envers les appels de détresse de ces pauvres femmes. Je crois qu'ils ont refusé de s'en mêler précisément en raison de motifs culturels et ça, c'est inacceptable.

Je l'ai dit dans un commentaire précédent et je le répète : si un pater familias québécois n'avait n'exercé que le dixième de l'oppression infligée par Shafia sur ces quatre femmes, et ici, je ne parle pas du meurtre en soi mais bien du climat écrasant qu'il imposait à sa famille, je suis pratiquement certain que la DPJ serait intervenue et que l'Irréparable aurait pu être empêché.

De fâcheux précédents, moins graves, ont déjà défrayé la chronique, comme l'affaire de la juge Verreault, quand cette magistrate avait vu dans la sodomie une circonstance atténuante au viol d'une jeune musulmane par son beau-père qui considérait sa virginité comme une valeur fondamentale. Une autre juge avait accordé les circonstances atténuantes à deux Haïtiens qui avaient violé une jeune femme en invoquant le "facteur culturel" qui selon elle diminuait la gravité de leur crime.

C'est ce genre de deux poids, deux mesures que j'ai tenté de dénoncer dans une optique de prévention : il faut à tout prix éviter que de telles tragédies se répètent. À la lumière de votre commentaire, j'y vois une raison de plus d'agir ainsi : éviter aux communautés culturelles de se voir ostracisées en raison même de ce double standard. J'espère que ces quelques mots sauront dissiper tout malentendu quant à mes perceptions et à mes intentions.

Olivier Kaestlé a dit…

En raison d'ennuis techniques, je publie ce commentaire à la demande de son auteur :

...."le meurtre de ces quatre femmes devrait commander une prise de position immédiate et énergique"....

Voilà qui est bien dit ou souhaité. Les meurtres sont condamnables et condamnés et doivent le demeurer. Souhaitons que leur nombre diminuent en tentant d'établir leurs causes. Au Canada, depuis quelques années, une nouvelle cause s'est ajoutée: les meurtres commandés par les croyances religieuses. Le résultat du multiculturalisme. Ne faudrait-il pas, ou n'aurait-il pas fallu pour les quelques millions de gens venus s'établir ici durant les 10 dernières années, informer de notre code vie tous ces gens ?
Ou mieux encore, cesser de poursuivre cette idéologie du multiculturalisme pour ainsi éviter un suicide collectif ?
André Drouin Hérouxville Qc