dimanche 15 juillet 2012

La CLASSE : vers une tournée de jeunes croulants

Cinquante ans après leur formation, les Rolling Stones pourraient bien célébrer leur atypique anniversaire par une nouvelle tournée, a récemment laissé entendre Mick Jagger, 68 ans, une possibilité que son complice de toujours, Keith Richards, du même âge, avait lui-même déjà évoquée.  N’y a-t-il pas quelque chose de renversant dans la longévité de ce groupe mythique, et dans la volonté de ses membres de vouloir à nouveau remettre ça ?  

Cette perspective me trottait en tête, à la suite de la nouvelle beaucoup moins emballante de la tournée imminente de la Coalition large pour l’association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE).  Les rockers ont, malgré leur âge, toujours leur talent à offrir tandis que les étudiants, inféodés à la CLASSE, ne font que brandir leurs revendications utopistes.  Lesquels sont les plus « sautés » ? 

Les Stones, beaucoup plus jeunes
que la CLASSE...
Tout en ne se réclamant officiellement d’aucun parti politique, l’association étudiante radicale vient de publier dans Le Devoir un « manifeste » où la pensée magique alterne avec un idéalisme béat et un nihilisme obstiné dont les accents ne sont pas sans évoquer Le capital, de Marx et Engels et, nécessairement, le programme de Québec solidaire, dont les destinées restent étroitement liées au parti communiste du Québec (PCQ).  Quiconque d’ailleurs adhère à cette dernière instance devient automatiquement membre du parti d’Amir Khadir et de Françoise David, que ça lui plaise au non.  Voilà une conception particulière de la démocratie dont la finesse échappe inexorablement aux non-initiés.

Apartheid des premières nations ?

C’est en lisant Les faces cachées d’Amir Khadir, de Pierre K Malouf, que l’on découvre une réalité que les médias ne nous ont pas transmise : le député de Mercier considère qu’Israël pratique une politique d’apartheid envers les Palestiniens et affirme, dans le même souffle, que Québec fait de même avec les premières nations.  Sans aller jusqu’à employer le même vocable, la CLASSE considère que le gouvernement libéral et les compagnies prenant part au plan Nord bafouent des droits légitimes, comme si aucune négociation territoriale n’avait eu lieu, comme si nulle entente n’avait jamais été conclue entre Québec et les représentants autochtones.  Qu'il y ait parfois litige entre deux parties entraîne-t-il obligatoirement un abus de pouvoir ?

On préfère brandir le spectre de l’oppresseur néolibéral, auquel résiste tant bien que mal un peuple menacé : « Heureusement, les peuples autochtones, délogés par chaque nouvelle prospection, résistent à ce vol continuel. Si certains projets d’exploitation sauvage ont pu être mis sur pause, c’est parce que des femmes et des hommes ont osé les défier. Ils et elles ont su résister à ce pillage des ressources, malgré les discours catastrophistes affirmant que notre survie économique dépend de l’exploitation rapide, à tout prix, de notre sous-sol. »

Et de l’oppression aux Amérindiens, on passe à celle des femmes : « Pour se satisfaire, cette clique procède de manière coloniale, sans consulter personne. Loin des caméras, pauvres et donc facilement oubliées, les femmes autochtones sont les premières victimes de cette vente au rabais. »

Les éternelles victimes

Comment peut-on, en 2012,  encore pleurer
sur le sort des femmes universitaires ?
La CLASSE ne s'arrête pas en aussi bon chemin.  Alors que, de la maternelle à l’université, les besoins spécifiques des filles ont depuis des décennies priorité sur ceux des garçons, avec les résultats que l’on sait, soit un décrochage masculin endémique, la CLASSE, hypocrite, ignore délibérément les programmes de discrimination positive favorisant les filles et les bourses d’études offertes aux étudiantes s’aventurant dans des domaines non traditionnels.  Elle se garde bien de dénoncer l'absence de mesures équivalentes pour les garçons.  Son discours misérabiliste n’est pas sans évoquer celui de la Fédération des femmes du Québec (FFQ) succursale féministe de QS, dont Françoise David, ancienne présidente, semble avoir conservé ses prérogatives de belle-mère.  Malgré le pourcentage nettement plus élevé de décrocheurs chez les garçons et le fait que plus de 60 % des inscriptions universitaires soient féminines, la FFQ soutient, sans davantage d’explications, que le problème du décrochage féminin reste pire que chez les gars.

La CLASSE emboîte le pas à ce concert en lamento majeur : « Nous pensons qu’en tant que lieu de partage d’un savoir universel, l’éducation doit abolir toute forme de discrimination et de domination fondée sur le genre. Il s’avère pourtant qu’être femme dans ce système est tout aussi difficile qu’être femme en société. Croire que la reproduction de statuts inégalitaires est absente de l’école est un leurre. Nous sommes écoeuré-e-s de voir que les professions traditionnellement féminines sont moins valorisées en société et qu’elles sont encore étudiées majoritairement par des femmes. Nous sommes nombreuses dans les salles de classe de baccalauréat, mais combien d’entre nous gravissent les plus hautes marches de l’escalier universitaire ? »

Revendiquer en vue d’une meilleure reconnaissance sociale et salariale, est-ce bien le rôle d’une association étudiante ?  Ne s'agit-il pas plutôt d'une prérogative syndicale ?  Des efforts considérables n'ont-ils pas déjà mené à ce que le revenu moyen des femmes, selon Emploi et solidarité sociale, atteigne désormais 86 % de celui des hommes, et à ce qu'il en représentera sous peu, toujours selon le même ministère, 94 % ?  Peut-on éternellement faire comme si aucun progrès n’avait été accompli depuis 1966, année de la fondation de la FFQ ?

CLASSE et QS, vraiment aucun rapport ?

Il arrive parfois que, plus on se cache, et plus on se trahit.  La CLASSE a beau se prétendre apolitique, il existe certains mouvements de personnel qui laissent songeur, surtout après avoir pris connaissance des similitudes idéologiques dépassées pour le moins flagrantes entre l’association étudiante et le parti de Khadir et David. 

Khadir et David, le dynamique duo de QS.
Par exemple, Renaud Poirier St-Pierre, ancien attaché de presse de la CLASSE et Gabrielle Brais Harvey, ancienne coordonnatrice aux relations et communications de la FECQ devaient publier ce 14 juillet dans Le Devoir une lettre d’opinion témoignant d’un appui sans faille à Québec solidaire : « Depuis 2007, Québec solidaire s’efforce de bâtir un Québec différent et a fait preuve d’une sincère solidarité avec le mouvement étudiant. Amir Khadir a été le premier député à porter le carré rouge. Il l’a fait par principe et conviction, et non pas par nécessité de marquer son opposition. Jamais Québec solidaire n’a laissé tomber notre mouvement. Ce parti aspire, tout comme nous, à un arrêt des réformes néolibérales et à l’instauration de mesures de justice sociale comme la gratuité scolaire. »

Et nos militants d’espérer, à défaut d’une prise de pouvoir, une percée de QS aux prochaines élections : « Cependant, il est tout à fait réaliste de penser faire élire des députés dans des circonscriptions montréalaises comme Hochelaga-Maisonneuve, Sainte-Marie -Saint-Jacques, Laurier-Dorion, Gouin et Rosemont. »

Un problème de crédibilité

La CLASSE s’est à plusieurs reprises démarquée par une aptitude innée à se tirer dans le pied : refus obstiné de condamner la violence, pour finalement le faire, mais du bout des lèvres, refus de collaborer avec les autorités dans la planification de leurs manifestations, ouvrant la porte à l’intrusion de casseurs, pour jouer ensuite aux innocentes victimes, recours à l’intimidation envers les étudiants désireux de poursuivre leurs études, volte-face envers les humoristes venus les soutenir en traitant certains d’entre eux de sexistes et d’homophobes, obtention non désirée d’un « reconnaissance » douteuse, mais hilarante, par les raéliens, représentent autant de faits d’armes qui disqualifient le regroupement de Gabriel Nadeau-Dubois auprès du public, qui continue d’appuyer inexorablement la hausse.

Ne manque plus à la CLASSE que de se voir associée à Québec solidaire, dans un contexte ou son seul représentant élu vient de faire l’objet d’un essai dévastateur, après avoir perdu encore davantage de crédibilité par des déclarations relevant de la mythomanie, s’être fait arrêter lors d’une manifestation illégale et avoir prôné la désobéissance civile sans nécessité.  Les résultats sont là : un récent sondage donne Amir Khadir bon avant-dernier, juste devant Jean Charest, qui ferme la marche du palmarès des politiciens les plus populaires du Québec. 

Pas de doute, avec pareil allié, la CLASSE ne tardera pas à apprendre à ses dépens que l’on ne peut s’imaginer éternellement au dessus de l’État au point, comme l’a fait récemment Jeanne Reynolds, l’autre porte-parole de l’association, de s’interroger à savoir si son regroupement reconnaîtra la légitimité (sic !) des résultats de la prochaine élection.  Mythomanie, quand tu nous tiens…  En attendant, les Stones, eux, rallieront les suffrages…

13 commentaires:

Renee Houde a dit…

Ces leaders étudiants qui se pensent au dessus de la loi font tellement mal au Québec. Les gens pensent même a quitter le Québec de peur que la province devienne communiste et que le diable y règne. Quelle innocence de se penser aussi important!

Olivier Kaestlé a dit…

C'est vrai que nous sommes loin du temps de la révolution... tranquille. Il y a de quoi être inquiet, comme vous le soulignez, pour la suite des choses. Montée de l'islamisme, d'une gauche biaisée, à gauche de la gauche, maintien des privilèges d'un féminisme d'État qui vampirise nos impôts et passe toujours sous l'écran radar des médias, situation financière d'un État, le nôtre, qui n'aura sous peu plus les moyens de maintenir ses onéreux programmes sociaux, inconscient qu'il est d'être le cinquième État le plus endetté au monde... Qui aurait cru voir le Québec dans cet état, il y a encore quinze ans ? Il va falloir s'accrocher, les prochaines années ne seront pas faciles...

Anonyme a dit…

Effectivement. J'ai sursauté lorsque Gabriel a dit que la Classe lutte pour l'égalité homme-femme. Voulait-il dire, vu que homme est placé avant femme, que les hommes sont dévaforisés ? Malheureusement, je ne pense pas.
Serge

Olivier Kaestlé a dit…

Et moi non plus, Serge, je ne crois pas que la CLASSE soit seulement capable d'un début d'embryon d'ersatz de prise de conscience sur la condition masculine, ce qui en fait un regroupement dépassé, néo-quétaine, tenant d'un discours révolu - et non révolutionnaire - des années 70. Le Québec de demain, ces jeunes-là ? Je doute fort heureusement qu'ils soient représentatifs d'une majorité.

Anonyme a dit…

Il y a toute fois une chose qui m'a un peu ému, dans un certain sens, c'est de voir homme et femme (Gabriel et Jeannine) et (Léo et Martine) travailler ensemble pour ne cause commune. C'est rare qu'on voit ça. Bon, évidemment il y a aussi Amir et Françoi(z)e. Mais on sait bien qu'Amir est lui-même outré de ne pas pensé comme Françoi(z)e. Une réprésentante de Legault m'a télé(fauner), bien que je ne sois pas dans la forêt, pour sollicitation. J'ai rétorqué que je ne voterai que pour un Parti qui allait promettre de défendre les droits des hommes du Québec. Serge. Ainsi soit-il.

Olivier Kaestlé a dit…

Je crois, comme Pierre K Malouf, que Françoise et Amir pensent passablement la même chose. Amir reste plus spectaculaire et sensationnaliste dans ses rapports avec les médias que Françoise, qui doit trouver parfois cet électron libre passablement exaspérant. L'épisode des PAJUstes et de la boutique du Marcheur en dit long sur le sujet.

Deux partis font de la condition masculine un enjeu de leur programme : le parti conservateur du Québec et Équipe autonomiste. Aucun ne prendra le pouvoir prochainement, mais ils représentent un signe dans la bonne direction.

Jean-Claude a dit…

La direction que prend la société du Québec me porte à réfléchir sur la direction que je devrais prendre...vers l'ouest?

Olivier Kaestlé a dit…

Ceux qui ne voient dans les Canadiens de l'Ouest qu'un ramassis de gentlemen farmers ariérrés trouveraient enfin un avantage à manquer de CLASSE...

Anonyme a dit…

Je ne crois pas que ce soit vraiment plus beau ailleurs. Sauf en Finlande peut-être. Chaque pays, chaque nation, chaque culture a ses plaies et elles sont nombreuses. Et de plus, le féminaziste s'étend un peu partout. C'est un genre d'apocalypse en quelque sorte. Serge

Anonyme a dit…

Étant habitués, nous galvaudons la présente réalité. Si nous récapitulons un peu. Le bilan est absolument très catastrophique et d'une ampleur incroyable. Presque tous les pays et nations du monde ont connues et connaissent un taux de divorces ASTRONOMIQUES. Des records de célibat de tous les temps. Des suicides d'hommes, d'enfants, et de femmes, sans précédent. Des millions, voir 150 millions de femmes approx. sur Internet faisant du porno Hard Core, etc. Des milliers d'agences de rencontres qui démontrent que les femmes se foutent éperdument de l'homme, sauf s'il est millionnaire. Très triste bilan, croyez-moi et soyez-en conscient. Tout est à la dérive, et ça ne va pas allez en s'améliorant, je vous le garanti. Serge

Anonyme a dit…

Sérieusement, il n'existe qu'une petite classe de gens envers lesquels je ne souhaite que des briques: les communistes, les féministes... et la CLASSE!
J'habites à quelques pas du pont Jacques Cartier- LORD KNOWS combien de fois j'ai du héberger des policiers sur ma terrasse (anti-émeute, full gear, full weapons, WAR IS BREAKING LOOSE!!!)
And for what? La gratuité scolaire?
SÉRIEUX!?!
C'est CA votre gros bug?!?
Vous ne trouvez rien d'autre qui va mal dans votre société *que la petite augmentation qui vous affeecte VOUS* et c'est la-dessus que vosu remuez la province sans dessus-dessous???!!!???
Est-ce que ces personnes se rendent compte qu'ils demandent à une *large* partie de la population (plombiers, caissiers, chauffeurs de taxi, serveurs, électriciens, livreurs etc....) de payer encore PLUS de taxes de facon à ce qu'ils aient leur super-diplôme *GRATIS*!?!??!!
HELLO!!!!
HELLO????
God damn communists! Thay have a problem for investing in their own future but have NONE in tapping ME for it.
Screw them all. A red square is a pussy square.

Olivier Kaestlé a dit…

@ Anonyme L'ennui, avec la CLASSE, c'est qu'elle a décrété que la lutte à la hausse des droits de scolarité serait un tremplin vers une contestation plus large, allant même jusqu'à vouloir abattre le système capitaliste lui-même.

Voilà une perspective qui n'est pas sans rappeler le programme de Québec solidaire, qui évoque de façon plus "subtile" ce "projet de société" avec l'expression "Dépasser le capitalisme". Les grand esprits se rencontrent sur les chemins de l'imbécillité.

Olivier Kaestlé a dit…

@ Serge Le problème avec ce gauchisme à gauche de la gauche et de son inévitable corollaire, le féminisme abrasif, est qu'à la base, ce mouvement prétendait redresser des iniquités bien réelles touchant des domaines essentiels, qu'il s'agisse du monde du travail, à l'orée de l'industrialisation, ou du couple, quand la femme se trouvait assujettie au code Napoléon, qui lui niait des droits fondamentaux.

Malheureusement, le balancier n'arrête jamais au milieu, de façon équitable. Alors que les femmes ont acquis le droit au marché du travail, au divorce, celui de voter, bref, à leur autonomie légitime, notre société a basculé ensuite vers une tendance outrageante aux passe-droits, à la discrimination positive, au droit pour certaines femmes sans scrupule, d'écraser légalement leur ex par des exigences monétaires sans fin, le rapt des enfants et le harcèlement judiciaire qui en découle. Triste bilan, en effet, dont les outrances ne suffisent pas aux illuminés de la CLASSE, et consternantes perspectives...