lundi 17 octobre 2016

« Affaire Maire » : la « victime » défend son « agresseur » et évoque sa « chance »…

Âmes chagrines, vous vous êtes indignées, révoltées, courroucées devant le spectacle désolant de ce chroniqueur français, Jean-Michel Maire, qui, après avoir essuyé deux refus d’être embrassée de la part d’une invitée sexy, a jugé pertinent de lui baiser publiquement un sein.

Jean-Michel Maire et Soraya Riffi
Il est désormais temps d’atterrir. Gardez votre sympathie pour les véritables victimes d’agressions sexuelles. Cet incident, mi-improvisé, mi-prévisible, vu le format douteux de l'émission Touche pas à mon poste, relève de la mise en scène la plus grotesque, la plus grossière.

La scène a cependant suscité l’ire de nombreux spectateurs, qui se sont plaints au Conseil supérieur de l’audiovisuel, en plus de provoquer une offensive de Osez le féminisme, qui n’allait pas manquer cette occasion d’alerter la ministre française des Droits de femmes, Laurence Rossignol.  Sans tenir compte du contexte spécifique de l'émission en cause, on peut comprendre.

Beaucoup de bruit pour pas grand-chose…

Le site Atlantico jette cependant une douche d’eau froide sur cet exaltant enthousiasme militant en relatant ainsi la réaction de Soraya Riffi, la présumée victime même, qui s’est portée… à la défense de Maire dans Facebook :

« (...) "malgré le buzz, il (Jean-Michel Maire) reste une personne que j'ai beaucoup apprécié lors de ma présence sur le plateau. Arrêtez de l'accabler. Cet homme est un homme très respectueux et ne mérite aucune sanction malgré ses pulsions masculines." »

Si ce n’est déjà fait, nos féministes ne manqueront certainement pas de relever que Mme Riffi ne réalise pas son oppression et érotise la domination masculine de son agresseur. Pire encore, peut-être traine-t-elle derrière elle un lourd passé de victime hétérosexuelle ? 

L’indignation de nos militantes a cependant dû gravir de nouveaux sommets… Non seulement Mme Riffi défend son agresseur, mais elle évoque maintenant la chance que lui apporte la célébrité instantanée que lui a amené l’événement dont elle a été « victime ». Osez le féminisme l’invitera-t-il à donner des conférences de sensibilisation sur les agressions sexuelles ?

Une scène qui n'a pas fini de faire des vagues...
Le journaliste Claude Askolovitch, qui semble lui aussi voir en elle une victime qui s’ignore, lui pose tout de même cette question directe :

« –Soraya, pardon… Au fond vous avez envie de vous servir de cette histoire pour réussir? Pour être célèbre?

–Je me dis que c’est peut-être ma chance… J’ai toujours voulu faire de la télévision? Si je peux y retourner, et montrer qui je suis; que je ne suis pas une bimbo…»

À ce que je sache, Mme Riffi est une jeune femme majeure et vaccinée, un tantinet opportuniste, libre de ses choix et responsable de ses actes. Bien sûr, on peut douter de son jugement professionnel, bien que rien n’indique qu’elle ait forcément tort de voir une opportunité dans le tourbillon médiatique dans lequel elle a été entraînée. 

Deux choses importent toutefois dans sa situation : le respect de sa décision de ne pas porter plainte, et celui du refus de jouer le rôle de victime factice d’agression sexuelle, voire de viol, comme il a été évoqué, dans une triste comédie idéologique intitulée « La culture du viol ».

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Olivier, merci pour le texte et les points apporté sur ce sujet. A écouter les nouvelles sur la radio, j'ai imaginé une grosse agression télévisé sur la chaine Française.