mardi 29 mai 2012

Prenez garde ! Cette chronique est « indésirable » ou « dangereuse »…

Bon, si vous lisez le présent paragraphe, c’est que vous aurez décidé de passer outre le salutaire avertissement contenu dans mon titre.  Vous ne pourrez pas dire après que vous n’aurez pas été mis en garde contre les noires volutes subversives irradiées par ma prose corrosive.  Vous aurez donc choisi de braver la menace de vous voir contaminés par une pensée vouée à la destruction d’idées aussi répandues que toxiques, mais tenues pour vraies.  En clair, vous êtes en péril…

Saint-Facebook, priez pour nous…

Facebook, le nouveau chien de garde
des bonnes moeurs...
Ceux et celles qui lisent régulièrement ma chronique - c’est qu’il y en a – ont appris dans la dernière que Facebook, véritable institution présente dans les vies d’un nombre sans cesse croissant d’individus – de pratiquants ? -, s’est récemment attribué, en ce qui me concerne du moins, le rôle de gardien des bonnes mœurs, un peu à l’instar du clergé du temps jadis, protégeant ses brebis de l’athéisme par la mise à l’index de propos séditieux.

Je rappelle que c’est au moment où j’allais partager ma dernière chronique sur le mur d’un ami Facebook qu’une interdiction est apparue sur mon écran, me signalant que cette opération m’était refusée, le lien de mon texte étant bloqué car « il contient des messages indésirables ou dangereux (sic !) ».   Je précise que j’avais osé dans ce texte un parallèle humoristique entre le féminisme radical et la maladie d’Alzheimer, établissant une comparaison fantaisiste entre les deux par « l’analyse » de quatre étapes successives communes, soit la répétition inlassable du discours, l’incapacité de reconnaître une idée contraire, la colère et la paranoïa. 

Les vertueux administrateurs de Facebook, possiblement alertés par une ou plusieurs âmes bien pensantes, auraient-ils décidé de sévir contre cette chronique parce que je tournais en dérision les prétentions des féministes radicales, ou l’ont-ils fait en vue de me punir d’avilir les victimes d’Alzheimer en les assimilant à ces étonnantes militantes ?  Mystère et bœuf en daube.

Dans la langue de Shakespeare…

J’ai tout de même tenté d’en savoir davantage sur les surprenantes motivations des gardiens de la vertu de FB en suivant un lien gracieusement mis à ma disposition par leurs soins.  Voici le commentaire que je leur ai adressé, après leur avoir donné, à leur demande, l’url du texte si incriminant : « Je ne vois absolument pas pourquoi ce texte est jugé par vous "indésirable" ou pire, "dangereux".  J'ajoute que toutes les chroniques de mon blog, que je pouvais jadis partager librement, connaissent le même sort.  Quel est le problème ? »  En effet, c’est l’intégralité de mon blog qui est mise à l’index, mais je peux encore partager une chronique sur le fil d’actualités de Facebook à partir de mon site même.  Pour le moment...

J’ai aussitôt reçu par courriel la réponse standard suivante, dans la langue de Shakespeare, en prime : « Hi, Thanks for taking the time to submit this report. While we don't currently provide individual support for this issue, this information will help us identify bugs on our site.  To get answers to common questions and help from other people on Facebook, visit: https://www.facebook.com/help

Thanks,
The Facebook Team

Je résume – et traduis – leur réplique en termes définitifs : « Allez vous faire voir. »

Pas la première fois

JMD : au service des valeurs féminines...
N’allez pas croire que je cherche à poser en martyre de la liberté d’expression ou du droit du public à l’information, mais j’aurais l’impression  de me… censurer si je gardais pour moi de tels incidents.  Après tout, s’ils m’atteignent, ils en touchent nécessairement d’autres, et pareilles attaques ne doivent en aucun cas rester sous silence.  Oui, j’ai bien écrit « attaques ».

Dans un simulacre de démocratie, la nouvelle présidente du Conseil du statut de la femme (CSF), Julie Miville-Dechêne, avait soi-disant mis à la disposition du public un blog – ou un « bug » ? - de la présidente.  Je n’ai pas tardé à voir l’un de mes commentaires censuré en raison, devait m’écrire la webmestre du site, de la nétiquette - sorte de code moral des bons usages - du blog.  Eh oui, là également, d’autres représentants du nouveau clergé avaient sévi. J’ai cité le commentaire et l’ai placé en contexte dans cette chronique.

« Un tremplin vers une contestation plus large »

Cette expression, employée par Gabriel Nadeau-Dubois, leader étudiant de la CLASSE, dans le contexte de la lutte à la hausse des droits de scolarité, m’est revenue en mémoire.  Et si quiconque ose critiquer la religion d’État, soit le féminisme radical, se voit menacé d’excommunication, la répétition du procédé ne risque-t-elle pas de se voir érigée en système ?   J’avais abordé cette perspective dans une récente chronique, sans me douter que j’allais moi-même si vite faire les frais de l’une de ces tactiques.

Liberté d'expression ?
Il y a pire que de se voir censuré, de façon arbitraire et iconoclaste.  C’est la possibilité de se voir traîné en justice ou, à tout le moins, censuré en raison d’une nétiquette cette fois légaliste.  Une telle perspective a été le plus sérieusement du monde envisagée par un organisme gouvernemental dans une étude inquiétante pour la démocratie.  Son titre en dit long : Internet et la violence: Le contrôle juridique des sites Internet violents envers les femmes. Analyse de la situation canadienne.  Ce projet d’études, initié par la Chaire Claire-Bonenfant, de l’université Laval, est financé par le Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes (CRIVIFF).  Aux yeux de tels stratèges, toute critique du féminisme représente un geste de violence faite aux femmes. 

J’écrivais récemment à propos de ce douteux projet: « Le programme de cette initiative étonnante démontre à quel point les médias sociaux représentent une menace constante pour les féministes radicales, par le fait que les chiffres pourtant gouvernementaux qu’elles souhaitent taire, les injustices faites aux hommes qu’elles voudraient étouffer (les injustices ou les hommes, faites votre choix) et le discours critique sur leur déviance éthique - vers des objectifs exclusivement corporatistes - qu’elles désireraient annihiler, les perturbent. » 

Dans les coulisses du pouvoir…

Il faut se méfier plus que jamais des idéologues féministes et de leurs hypocrites manœuvres de corridor.  Contrairement aux syndicalistes, vivant certes sous la férule idéologique du féminisme d’État, mais opérant concrètement selon des préceptes très virils de confrontation et d’effets de balustres, les féministes se tiennent loin des projecteurs, opèrent dans l’ombre, et vampirisent le trésor public à l’aide d’initiatives plus douteuses les unes que les autres sans que le public n’en soit informé.  Les hommes, les garçons, mais aussi les femmes dotées d’un véritable sens de l’égalité entre les sexes, en deviennent les premières victimes. 

Le mariage, subordonné à
une nouvelle religion ?
Consultations bidon sur l’égalité homme femme, siège du CSF au Conseil du trésor, entrées privilégiés, par le biais de l’organisme de JMD, de tout groupe féministe radical auprès des ministères, études biaisées par des universitaires carriéristes qui ne cracheront jamais dans la soupe, industries lucratives de la violence conjugale, du divorce, au service de vautours, corruption étatique silencieuse, feutrée, généralisée comme un cancer que l’on risque de diagnostiquer trop tard, voilà les stigmates d’un féminisme « indésirable » et « dangereux ».

Ce tragique projet de société, déjà devenu réalité, devra avant longtemps être clairement mis au jour, tous projecteurs allumés, avant que la menace d’une censure étatique n’en masque davantage l’étendue.  Car jamais les médias n’oseront risquer de se voir excommuniés par la religion d’État.

4 commentaires:

Jean GABARD a dit…

Dans la société démocratique « moderne » il y a maintenant la possibilité de donner son avis sur tout et même de fustiger ce qui avant s’imposait et faisait l’unanimité. Il est même de bon ton de s’attaquer non seulement aux écrits ou aux paroles, mais aussi aux personnes elles-mêmes. C’est ainsi qu’il devient habituel de dénigrer les hommes, les pères, les adultes et toutes les autorités.
S’il est « politiquement correct » de bafouer les « dominants », vous risquez cependant de devenir très vite suspect si vous vous en prenez aux « dominés ». C’est ainsi que vous êtes très vite accusé de conservatisme si vous critiquez les propos d’un jeune, de racisme si vous critiquez ceux d’un étranger, d’islamophobie si vous critiquez ceux d’un musulman, d’antisémitisme si vous critiquez ceux d’un juif, d’homophobie si vous critiquez ceux d’un homosexuel… Si vous osez émettre une réserve sur les positions d’un féministe, ce sera encore pire : vous serez directement condamné comme macho et réactionnaire ! Vous ne serez pas brûlé. Non « le féminisme n’a jamais tué personne » ! Vous serez simplement considéré comme un pestiféré, comme un danger pour le progrès et la démocratie ! Ainsi catalogué, les « démocrates modernes » pourront se donner le droit de vous priver de parole, en toute bonne conscience !

Anonyme a dit…

Le Code civil ne tient plus!! Quand on voit des gens bafouer des jugements, sous prétexte que la démocratie étudiante a parlé, et qu'on peut de ce fait priver impunément des gens de leurs cours, il n'y a pas loin de penser que la volonté des un(e)s doit dominer sur celle des autrs (l'omission du "e" est volontaire).

Depuis 40 ans, le féminisme est un sujet tabou. Parlez-en à Roch Côté, auteur du "manifeste d'un salaud". Quiconque ose s'élever contre la doctrine le fait à ses propres risques et les conséquences à la clé sont énormes.

Des militants de mon syndicat osent demander l'égalité entre les sexes dans les fonctions syndicales et se font traiter d'"anti-femmes" par l'exécutif. Sur trois postes à l'exécutif de notre section, un est réservé aux femmes. Lorsqu'on a demandé au syndicat de réserver un poste aux hommes, le refus a été motivé par un maigre taux de participation féminine (45%) dans les instances décisionnelles, ce qui n'a pas empêché de voir trois féministes radicales obtenir le vote majoritaire de notre section et détenir TOUS les postes électifs.

Faudra vraiment que la gangrène les ronge de l'intérieur... Jusqu'où le balancier devra-t-il aller avant que ça change?

A.

Olivier Kaestlé a dit…

@ Jean Gabard Il serait plus que temps que le concept d'agresseur-victime (et même d'agresseure-victime, tant qu'on y est) soit mis à l'honneur, devant le chantage idéologique occasionné par les "militants" de causes de plus en plus biaisées que vous citez. Corporatisme et opportunisme ont pris le relais d'une légitime volonté de changement. Les révolutionnaires d'hier sont devenus les parvenus étatiques d'aujourd'hui tandis que de "l'infâme" droite jaillissent des clameurs qui interpellent l'État sur la situation des pères et le décrochage des garçons. Il n'est pas jusqu'à Marine Le Pen qui maintenant exige une loi antiracisme pour protéger les blancs. Que de chemin parcouru...

Olivier Kaestlé a dit…

@ A L'ennui, avec le balancier dont vous parlez, c'est qu'il ne sait jamais quand s'arrêter, puisqu'il est davantage orienté par les sondages et l'opportunisme politique que par une véritable volonté de justice sociale.

Les féministes finiront bien un jour par tomber en disgrâce, devant l'impossibilité à moyen ou à long terme de dissimuler leur imposture. D'ici là, combien de victimes devrons-nous dénombrer et à partir de là, combien d'autres ne risquent-elles pas d'augmenter leur nombre ? Les tortionnaires changent, la bêtise demeure.