samedi 11 septembre 2010

Facebook : des milliers d'amis...

Depuis un peu plus d’un an, je tiens une page publique sur Facebook, histoire de donner une tribune de plus à mes textes d’opinion.  Je gère également une page perso, à laquelle j’ai prêté peu d’attention jusqu’à présent.  Aussi ai-je décidé récemment de jeter un œil plus attentif à cette dernière et de jouer le jeu des relations amicales virtuelles.  Quelle aventure !  Voici quelques constats.

Et l'amitié, là-dedans ?

Je ne connais pas votre opinion, mais je trouve quant à moi que l’amitié reste non seulement la relation privilégiée entre toutes, mais aussi celle qui, pour cette raison même, mérite le plus qu’on y consacre du temps de qualité.  Même en couple, il en faut, sinon c’est la dérive lors des moments où la passion et le désir tirent de l’aile ou tombent carrément en panne.

Au rythme trépidant de ce millénaire naissant, avez-vous le temps, vous, de vous occuper assidûment de 300, 600, 1000 amis, de partager un bon gueuleton avec eux, d’écouter leurs bons coups, leurs revers de fortune, de les soutenir, de vous planifier des activités ensemble ?  Pouvez-vous, en retour, compter sur eux en cas de doute, si vous avez besoin de vous confier, comme ça, pour tout ou pour rien, ou si la vie vous inflige un claque qui demande l’empathie que seule une personne solide, loyale et douée d’intelligence émotionnelle peut vous accorder ? 

Je fais peut-être une procès d’intention à ceux qui semblent croire qu’on puisse nouer pareils liens avec autant de gens.  Peut-être ont-ils une perspective qui m’échappe, une vision plus relativisée de l’amitié, mais je n’arrive pas à les envier… 

Quelque chose à dire

Bien sûr, Facebook reste un réseau social, où les gens peuvent exprimer ad lib leur états d’âme les plus immédiats sans se soucier outre mesure de la pertinence de leur propos.  Au fond, s’il fallait toujours attendre la découverte de perles de sagesse pour communiquer avec son prochain, nous resterions parfois longtemps muets comme des carpes.  Il peut y avoir une charge émotionnelle particulière, une vive complicité entre deux êtres, qui se manifestent à travers des commentaires parfaitement anodins.  Si ça nous arrive au téléphone, pourquoi ça deviendrait problématique sur Facebook ?  Peut-être parce qu’au bigophone, il n’y a pas des milliers de personnes qui suivent notre conversation…

Des sujets d’intérêt

Personnellement, je n’éprouve pas le besoin de partager mes atermoiements si l’une de mes Phentex s’accroche dans un clou de ma véranda.  J’ai l’audace de mettre en ligne sur ma perso non seulement mes textes, mais aussi des articles de journalistes et de chroniqueurs chevronnés sur des sujets d’actualité.  Mes Phentex poigneraient plus… Sans commentaires, dans tous les sens de cette expression.

Il arrive périodiquement que des scènes d’animaux maltraités soient mises en ligne par des âmes sensibles.  Là, vous trouverez des réactions !  Moi aussi, de tels épisodes suscitent mon apitoiement… une première fois.  À la troisième, je ne regarde plus. 

J’ai fait le test de vérifier si des sujets plus percutants pouvaient émouvoir.  Voici ce que j’ai mis en ligne hier :


À date, aucune réaction.  Vraiment, sans commentaires….

vendredi 10 septembre 2010

Capsules : manœuvres politiques et cotes de popularité

Les manœuvres politiques n’entraînent pas toujours une hausse des cotes de popularité chez nos élus.  Qu’on en juge par ces exemples…

Registre des armes à feu

Stephen Harper pourrait bien en arriver à ses fins avec l’abolition du registre des armes à feu tant souhaitée par lui et par les rednecks amateurs de chasse de son parti, lors du vote déterminant sur la question.  Le refus de Jack Layton d’imposer une ligne de conduite à ses troupes, en vue de bloquer une résolution aussi déplorable, ne contribuera pas à maintenir ni à accroître sa cote de popularité, stable mais modeste, auprès de ceux qui aiment les leaders cohérents et les positions claires.  Sa volonté de trouver un compromis, dont les modalités demeurent bien mystérieuses, dans ce dossier émotif pourrait lui donner des allures de Stéphane Dion ou de Michael Ignatieff.  

Il pourrait bien finir par porter conjointement, avec un premier ministre aux antipodes de ses positions sur l’échiquier politique, la responsabilité de l’abolition du registre et du gaspillage définitif des deux milliards $ que sa mise en œuvre aura coûté aux contribuables.  Les associations de corps policiers et les groupes communautaires, qui réclament à corps et à cri le maintien de cet indispensable outil de prévention, l’auront dans l’os, mais au moins, de braves chasseurs pourront faire l’économie monétaire et physique d’aller renouveler leur permis aux cinq ans.  Un digne triomphe d’une droite militante égoïste et rétrograde…

Parlez-moi d’une stratège…

En rétrogradant Bernard Drainville, l’un des meilleurs éléments du PQ, de la santé aux affaires intergouvernementales, Pauline Marois, dont la cote de popularité devant un Jean Charest, maintenant crucifié par son  ancien ministre de la Justice, n’a toujours pas de quoi faire pavoiser, confirme que l’opportunisme politique prime chez elle sur les meilleurs intérêts du parti, comme de la population du Québec.  

En agissant ainsi, elle donne raison à ceux qui croient qu’elle écarte un rival sérieux, advenant le cas où ses troupes, insatisfaites de sa performance, voudraient du sang neuf à la chefferie.  Marois pourrait bien réaliser malgré tout son grand rêve de devenir première ministre du Québec.  Ce genre d’aspiration ne se concrétise cependant pas toujours comme on le souhaiterait.  Demandez à Paul Martin…

Il en restera toujours quelque chose…

Qu’importe si les allégations de Marc Bellemare s’avèrent fondées ou pas, en créant la commission Bastarache en vue de laver son honneur, Jean Charest aura plutôt trouvé le moyen de se peinturer dans un coin.  Les visibles tentatives de cuisiner l’ancien ministre de la Justice par les avocats du gouvernement n’auront eu pour résultat que de faire grimper la cote d’amour du public pour un homme auquel il a attribué le statut de redresseur de tort. 

On oublie un peu vite le ministre gaffeur et confus que Bellemare a été, de même que ses deux échecs cuisants à la mairie de Québec, mais un homme maladroit peut dire la vérité.  Sa crédibilité semble renforcie par la grogne croissante que le premier ministre a suscitée par son entêtement à ne pas créer une commission parlementaire sur la construction.   Jean Charest a beau se montrer combatif en temps de crise, cette fois, Marc Bellemare pourrait l’envoyer au tapis pour le compte…

jeudi 9 septembre 2010

Vivre à l’ombre du cancer

Il y a maintenant huit ans, le doyen de mes amis, alors âgé de 44 ans, me tint ces propos, peu avant d’être emporté par un cancer du foie : « Dans ma vie, il y a eu trois grandes étapes : Carole (sa femme), mes enfants (deux gars, Félix et Nicolas) et mon cancer. »  À ses yeux, ces trois relais avaient une égale importance; ils avaient chacun représenté un tournant dans sa vie, en plus de propulser son évolution. 

Je n’ai pas pu m’empêcher de me souvenir de ses propos, au lendemain du décès de l’ex-ministre libéral, Claude Béchard, emporté lui-même par un cancer du pancréas.  Comme ce dernier, Jean-François aura lutté avec une détermination héroïque dont je ne l’aurais jamais cru capable, jusqu’à ce que ses forces le trahissent, puis l’abandonnent. 

La nouvelle

La nouvelle était tombée comme un couperet, quand il me l’avait annoncée sans détour au téléphone de Québec, où il résidait et occupait un emploi d’informaticien au ministère de l’Éducation, puis à la CSST.  Cet homme, apparemment comblé par la vie, heureux en ménage, père de deux fils grouillants de santé, occupant un emploi bien rémunéré et se passionnant pour le bricolage (de maladroit compulsif, il était devenu un bricoleur doué), venait de voir son existence basculer. 

Au train-train quotidien, réglé comme du papier à musique de cet être cartésien, sage et ordonné (mon antithèse), allait succéder les traitements de chimiothérapie et l’organisation de la petite famille autour de la maladie du mari, du papa.  Jean-François abhorrait la cigarette, buvait très modérément, mangeait sainement, bref, ne correspondait en rien au profil d’un futur candidat à une maladie dégénérative.  Et pourtant…

Finis les compromis !

Voyant à l’usage que les traitements ne donnaient pas les résultats escomptés, il décida qu’il avait fini de souffrir en vain et de perdre un temps qui allait devenir précieux : il retourna au travail et choisit de mener une existence normale, point à la ligne.  De fonctionnaire jusque-là docile et évitant l’affrontement, Jean-François, avec pareille épée de Damoclès, avait décidé d’agir désormais selon ses convictions profondes, et non plus en fonction d’impératifs diplomatiques plus ou moins tacites, qui interfèrent trop souvent avec le bien-fondé d’un choix. 

Si on lui conseillait de renouveler un contrat avec une compagnie peu performante, afin de conserver de bonnes relations hiérarchiques, il passait outre et choisissait le fournisseur que lui dictait sa conscience et son sens élevé de l’éthique.  Finis, les compromis aux relents de compromission !  S’il devait mourir, il allait s’en payer une tranche auparavant !  

Jean-François était de ceux qui tirent davantage de satisfactions de leur hobby que du boulot.  De bricoleur capable, il devint hyperactif, n’en finissant plus, à chacune de ses visites à Trois-Rivières, de m’énumérer fébrilement les multiples travaux qu’il avait réalisés, comme s’il sentait, sans l'avouer, que la course contre la montre était enclenchée.  Déjà, une maigreur suspecte s’était emparée de lui…

Les derniers miles…

Ça devait bien arriver.  Devant les diagnostiques dévastateurs et le déclin de sa santé, Jean-François n’eût d’autre alternative que d’abandonner son emploi et de se résoudre peu à peu à préparer son départ de cette vie.  Lors de mes dernières visites à Québec, je ne pouvais en croire mes yeux, devant son corps affaibli, si maigre, en contraste d’avec sa bonne humeur et son affabilité toujours si naturelles, tempérée d’une ironie et d’un sens de l’autodérision savoureux.

C’est hébété que je constatais sa satisfaction d’avoir enfin réussi à vendre tous ses outils, auxquels il tenait tant quand il avait encore la santé de s’en servir, et de l’entendre me raconter avec apaisement que toutes ses dispositions avaient été prises pour que ni Carole, ni les enfants ne manquent de rien.  Se sachant fichu, il avait toujours à cœur de protéger les siens. 

Elle savait…

Lors de ma dernière visite, je dus faire un effort pour ne pas sursauter en voyant ce qui restait de mon ami, dont l’ossature perçait maintenant la boîte crânienne, et qui redoutait à présent de s’endormir, de peur que la mort ne le surprenne.  J’en arrivais à la lui souhaiter au plus vite, tant sa situation paraissait intenable. 

Ma réaction n’échappa pas à Carole, qui m’adressa un sourire complice, avant de me confier, à part, que dès l’annonce du diagnostique, huit ans auparavant, le médecin lui avait révélé que son conjoint était condamné…  Depuis toujours, elle savait !  Et elle avait gardé le silence pour ne pas décourager son conjoint !  Il y avait plus de courage dans cette femme haute comme trois pommes que dans un bataillon entier de nos robustes soldats en Afghanistan…

Je perds mon témoin

La veille de ce qui devait être ma prochaine visite à Québec, Carole m’appela, un sanglot dans la voix, pour m’annoncer la mort de Jean-François.  Nous étions un 20 juillet, exactement mon sixième anniversaire de mariage, pour lequel mon ami avait tenu le rôle de témoin, malgré son aversion pour les vestons…  Avec le recul, je me dis que de mourir à pareil moment était sa dernière facétie, puisqu’il ne devait pas y avoir de septième anniversaire. 

Avec Jean-François, que je connaissais depuis ma première année au primaire, et avec qui j’avais grandi, au point que nous étions souvent pris l'un pour le frère de l’autre, c’était plus que le témoin de mon mariage que j’avais perdu.  C’était celui d’une vie entière.  Au lendemain de son trépas, je me suis senti comme une maison dont un grand mur de soutènement venait de s'effondrer, le plus important, depuis le décès de mon père. 

Une inspiration

Quand je traverse des moments de déprime, ou que je constate la trop facile démission de certains devant une épreuve, je pense à mon ami et me botte le cul en me disant qu’il n’a pas reculé, ni baissé les bras, lui, et devant bien pire.  Le cancer n’a vaincu que son corps, pas son essence même, restée intacte jusqu’à la fin, comme un défi à la maladie, à la mort même. 

Cet homme qui, adolescent, semblait si indolent et irrésolu, est devenu pour moi un exemple, un stimuli.  Je sais que ce genre de formule ressemble à un cliché de convenance, mais dans le cas de Jean-François Milot, « J-F » comme il aimait tant se faire appeler, c’est l’exacte vérité. 

Moi qui crois fermement en la vie après la mort, je me demande cependant encore aujourd’hui comment Jean-François a dû réagir quand, au moment du trépas, il s’est vu quitter un corps dévasté pour l’ailleurs.  Peut-être a-t-il pensé à nos nombreuses discussions passionnées et antagonistes sur le sujet et s’est-il  alors écrié, pensant à moi : «  Ah ! Le snoro ! »

Sois heureux, « frèrami » !

vendredi 3 septembre 2010

À l’école, nos filles sont tellement… « plus » !

Les mythes et stéréotypes ont la vie dure, surtout quand ils recèlent une part de vérité.  De là à conclure que la partie représente le tout, il n’y a qu’un pas, vite franchi.  Voici quelques exemples de ce type d’exagération.


C'est un fait reconnu depuis la nuit des temps : les petites filles et les adolescentes sont plus « matures » que leurs confrères masculins.  On en arriverait presque à croire que les femmes d'âge mûr sont en retard sur elles.  J’exagère ?  Prêtez l’oreille à ce que l’on dit des filles quand on les compare aux garçons, à l’école.  «Elles sont plus responsables, plus fiables, plus obéissantes, plus tranquilles, plus studieuses, plus disciplinées, etc.»  Bref, elles sont tout simplement plus.  Bon, c’est clair ?


En comparaison, les garçons, ces perpétuels loosers, font piètre figure.  Ils contestent maladroitement l'autorité, exigent d'être considérés en égaux tout en doutant grossièrement du jugement de leurs aînés, osent demander pourquoi on exige d'eux tel résultat et non tel autre,  se montrent brouillons et sélectifs dans leurs études qu’ils souhaitent bâcler au plus vite, quand ils ne décrochent pas avant.  Comment être optimiste quant à l’avenir de tels béotiens ?

On constate ce que ces comportements peuvent générer d’inconfort et de tensions dans une société orientée vers l’excellence et la conformité.  Les filles sont tellement plus reposantes.

Comme si ce portrait n’était pas suffisamment chargé, les gars farcissent leur esprit, déjà survolté, de jeux informatiques et d'histoires de science-fiction truffées de situations conflictuelles tandis que leurs consoeurs, judicieusement conservatrices, s'en tiennent encore en grand nombre à de jolies histoires d'amour et aux potins de télé-réalité qui nourrissent leur imaginaire romanesque.

La libido, obstacle à la maturité

Côté sexualité, le portrait ne s'améliore pas chez les garçons.  Ils font là aussi preuve d'immaturité, occupés qu'ils sont à gérer inefficacement le dérèglement hormonal causé par le peak sexuel de leur vie dans un corps en plein développement.  De leur côté, les filles maîtrisent plus aisément une sexualité délicate et ténue qui ne connaîtra – éventuellement - son ultime sommet qu'avec la ménopause, dans un corps vieillissant. 

Rappelons à cet égard cette prétendue « statistique » qui nous revient bon an mal an comme un rappel des limites de la libido féminine : seule ou avec des partenaires sexuels, une femme adulte sur deux resterait étrangère, sinon au plaisir, du moins à l’orgasme.  Une même proportion n’arriverait  pas à localiser son clitoris.  Admettons qu’il y ait du vrai dans un tel tableau, le mérite que les jeunes filles peuvent alors avoir à gérer des pulsions sexuelles si modestes en comparaison de celles des gars reste donc aléatoire.  Comme le disait si bien Voltaire, on est vertueux dans l’impossibilité où l’on se trouve d’avoir des vices…

Les filles font le bonheur des directions d'école.  Elles ne les contestent que rarement, à moins qu'un règlement vestimentaire ne contrevienne à leurs standards esthétiques.  Elles préfèrent observer les consignes, même si les plus téméraires d'entre elles les désapprouvent, que d'encourir la désapprobation de l'autorité. 

Une telle attitude s’explique en partie par le fait que les filles assimilent et intériorisent plus vite que les garçons des valeurs d’acceptation sociale liées à la réussite scolaire et, plus tard, professionnelle.  À leurs yeux, et conformément à ce que l’on attend d’elles, les résultats scolaires contribuent à déterminer la valeur individuelle et le statut social.  Les filles redoublent ainsi d'efforts et supplantent sans problème leurs confrères, assumant ainsi leur soif d'être aimées et appréciées.

Ces cancres indispensables...

Il serait par contre judicieux de se demander où en serait notre évolution sociale, si tout le monde, filles et garçons confondus, répondait à des critères aussi louables que peu exaltants.  Que serait devenu notre société sans les Thomas Edison, Albert Einstein, Honoré de Balzac, Jean Cocteau, André Malraux, Walt Disney, Amadeus Mozart, John Lennon, et autres nombreux cancres et mésadaptés au comportement singulier, pour contribuer à son évolution ?  Gardons-nous donc d’assimiler avantage académique à supériorité intellectuelle.

On ne le dira jamais assez : l’école n’est pas conçue pour les garçons.  Sur mesure pour les filles, qui aiment s’endormir avec la certitude que demain sera semblable à hier, le système scolaire représente pour nos gars un obstacle à surmonter, un perpétuel défi consistant à lutter contre l’ennui, la stagnation résultant d’un cadre d’apprentissage rigide, lourd et répétitif, régi par des profs chez qui les représentants masculins se raréfient d’année en année.

Pas de répit pour eux dans la cour de récréation, où le tiraillage est mis sur le même pied que la violence grave.  À quand des cours de ballet classique, soi disant pour les aider à sublimer leur si condamnable agressivité ?  Ça, c’est sans compter, dès le secondaire, les campagnes dites de « sensibilisation » à la violence et aux agressions sexuelles, où des intervenants aux allures de dame patronnesse leur expliqueront qu’ils sont le méchant sexe dont il faut protéger leurs angéliques et  irréprochables compagnes…

L'université, pourquoi faire ?

 Après ça, on se demande comment il se fait que les garçons fassent de moins en moins d’études supérieures...  On voudrait les dégoûter à jamais des bancs d’école que l’on agirait pas autrement.  Et ça marche !   Ils ne représentent plus maintenant que 40 % de la population universitaire.  Et c’est pas fini !  Ah, les gars et leur manque de motivation…

La faute aux pères !

Il ne se passe pas une année sans que des intervenants politiques, sociaux et du milieu de l’éducation ne déplorent le problème du décrochage des garçons.  On s’afflige, on s’inquiète, on s’interroge, on ne fiche rien.

Mieux, Pauline Marois, à la veille du fiasco qu’est devenue la réforme qu’elle  a elle-même pilotée (et dont l’un des objectifs prioritaires était précisément de lutter contre le décrochage des gars), devait pointer du doigt les « vrais » responsables du fiasco scolaire au masculin : les stéréotypes sexistes, les pères démissionnaires (alors que les hommes ne se sont jamais autant investi auprès de leurs enfants) et, bien sûr, le manque d’intérêt des garçons eux-mêmes, co-responsables de la faillite d’un système.  Difficile de ne pas déceler là un discours typiquement féministe, sans doute chuchoté en coulisse par le Conseil du statut de la femme, ou de la frime ?

En faire... plus !

Quoi qu’il en soit, qu’il s’agisse de manque de lucidité, de stéréotypes tenaces à propos de nos filles « plus » (oui, des stéréotypes mélioratifs sur le sexe féminin, ça existe), de refus, conditionnés par certains lobbys, de soutenir les gars, par crainte de désavantager les filles, ou du je-m’en-foutisme des élus, plus préoccupés par le pouvoir que par l’intérêt collectif, en l’occurrence, de la moitié de notre avenir, on ne voit pas l’ombre d’une piste de solution à l’horizon.  Littéralement, c’est Mozart, encore ce cancre, que nos écoles assassinent.


Tôt ou tard (et il faudrait que ce soit « tôt »), il faudra pourtant se décider à en faire.. plus.

jeudi 2 septembre 2010

Procès Paccione : la hantise du Trio diabolique

Sept ans après avoir fait la manchette pour avoir entretenu une correspondance crapuleuse à propos d’un complot d’agression et de meurtre impliquant un tueur en série et une agente de probation, le prédateur sexuel Nick Paccione doit maintenant répondre de ses actes au palais de justice de Montréal. 

Ce procès n’est pas sans rappeler l’affaire dite du Trio diabolique où Marlène Chalfoun, l’agente de liaison pour le moins dangereuse, avait servi d’intermédiaire entre Paccione, incarcéré, et un tueur en série, en liberté celui-là, répondant au nom d’Angelo Colalillo.  Le motif de ces échanges épistolaires :  un complot d’agression et de meurtre sur la personne d’une proche de Chalfoun et de ses deux filles.

On se souviendra qu'au terme d’un étrange procès survenu en 2003, où les ordonnances de non-publication alternaient avec les frustrations des journalistes et la mollesse de la poursuite, Chalfoun avait été acquittée sous les motifs les plus futiles des mêmes charges pour lesquelles Paccione se voit accusé aujourd’hui. 

Était mise en cause, avait conclu la juge en charge de l’affaire, une femme vaguement paumée, qui avait simplement fantasmé l’agression, sans envisager le moins du monde de passer à l’acte. 

Bref, on nous demandait, de la façon la plus décontractée, de gober qu’une criminologue d’expérience et auteure d’une thèse sur les tueurs en série, avait pu entretenir une correspondance sulfureuse avec deux d’entre eux, dont un en liberté, allant même jusqu’à rencontrer celui-ci à deux reprises, sans avoir la moindre intention criminelle.  Mieux encore, l’agente ne réalisait absolument pas le danger qu’elle faisait courir à ses proches… 


Trois questions

Aujourd’hui, trois questions s’imposent :

1-    L’extrême lenteur du système judiciaire explique-t-elle à elle seule un délai de sept ans entre le procès Chalfoun et celui de Paccione pour des charges identiques et sur la même affaire ?  Ou voulait-on faire oublier le premier procès et éviter de raviver de vielles blessures, de réveiller de vieux doutes ?

2-    Si Chalfoun avait été reconnue coupable, le scandale n’aurait-il pas éclaboussé la Ville de Montréal, son employeur, à l’échelle internationale, pour avoir engagé une criminelle ?  Les médias évoquaient à l’époque une nouvelle Karla Homolka.  L’employeur de l’accusée, par un possible trafic d'influence auprès de la Cour supérieure, n’avait-il pas tout intérêt à transformer cette poursuite en opération de damage control ?

3-    En acquittant l’agente de probation, la Justice, à défaut de relâcher une meurtrière (aucun homicide n’a été commis) a-t-elle rendu la liberté à une coupable (un complot était bel et bien en préparation) ?

Voilà autant de questions, laissées en suspens depuis 2003, que ce procès pourrait réveiller.  Comme dans ce cas précis, cependant, la même instance  juge l’affaire, on peut d’avance parier que le procès se déroulera avec toute la discrétion et la sobriété que commande ce genre de cas…

Dans ce blogue, voir mon dossier complet sur le Trio diabolique :

Pfizer, le gros client de la firme McKinsey qui a géré la « pandémie » au Québec...

Petit rappel pour nos chers normies et autres vaccinocrates : Radio-Canada révélait en 2022 que la firme McKinsey, qui a joué un rôle domina...