mardi 6 juillet 2010

Charme et maintien pour intégristes

Dans notre quête inlassable en vue d’établir des ponts avec les communautés culturelles dont les factions intégristes défraient régulièrement la manchette depuis plus de quatre ans déjà, certaines initiatives audacieuses et novatrices méritent d’être envisagées. 

Il convient toutefois auparavant de cerner la cause profonde d’un comportement associable en vue d’y trouver le remède approprié.  Ainsi, quand nous voyons des hommes trouver légitime d’imposer à leurs femmes et à leurs filles le port de la burqa et du niqab, il faut, avant de juger ces pauvres hères trop sévèrement, chercher à identifier quel malaise profond, quelle motivation émotionnelle déviante, absout à leurs yeux cette attitude profondément rétrograde.  Un problème bien posé est à moitié résolu, dit le proverbe. 

La question fondamentale peut se résumer ainsi : pourquoi des intégristes trouvent-ils normal de contrôler des femmes au point de les étouffer sous des oripeaux disgracieux, de gérer leurs moindres faits et gestes, bref de les considérer comme des citoyennes au rabais ?  Ce questionnement ne saurait bien sûr prévaloir pour les musulmanes, de plus en plus affichées, qui revendiquent pour elles-mêmes le port du niqab, à qui nous ne voudrions pour rien au monde faire perdre le sourire.  Certains parmi leurs conjoints, qui réprouvent leurs goûts vestimentaires, ont égaré le leur depuis longtemps.

Pour les autres maris, leur désir envahissant de répression peut s’expliquer par une carence de contrôle sur soi, qui trahit nécessairement un manque de confiance en leur valeur propre et en leurs possibilités, de même qu’une jalousie et une possessivité sexuelles maladives.  Comment faire pour donner à ces malheureux la valorisation qui pourrait les inciter à laisser leur conjointe mener une existence normale ?

Charme et maintien 101

Dans le courant des années 70, des femmes suivaient les cours dits de charme et maintien dispensés par l’Association féminine d’éducation et d’action sociale, communément appelée AFÉAS, en vue de développer ces qualités si féminines.  Aux yeux de ce mouvement, conscientisation sociale et féminité n’étaient pas incompatibles.  Les temps ont bien changé.  Un coup d’œil aux Françoise David, Michèle Asselin, Christiane Pelchat et autres versions féminines de Lise Payette suffit pour constater que les signes dits – erronément - religieux ne représentent plus la seule mesure de répression vestimentaire.

Bien que la formation sus mentionnée semble avoir disparu de l’agenda de l’AFÉAS, peut-être faudrait-il tirer profit des leçons du passé et les réactualiser dans le contexte multiculturel des années 2010 ?  Ainsi, après le übersexuel, le métrosexuel, le dodosexuel et le boulosexuel, pourquoi ne pas envisager un prototype d’homme moderne et « tendance » spécialement adapté à la réalité musulmane ? 

Le mohammedsexuel

Car enfin, il est légitime de se demander comment les représentants les plus extrémistes d’obédience musulmane peuvent avoir confiance en leur aptitude à retenir leur(s) épouse(s) par la séduction quand certains parmi eux s’habillent encore comme si chaque jour de l’année tombait un 31 octobre.  Il faut les comprendre, tout de même.  Des clochards ont l’air plus ragoûtants qu’eux.  Même les plus nombreux, qui ont opté pour un habillement occidentalisé, n’en conservent pas moins dans leur manière d’être des réflexes tribaux néo-médiévaux qui n’évoquent en rien Luck Mervil, notre homme rose de gauche caviar par excellence.

En cherchant bien parmi les personnalités musulmanes de premier plan, combinant judicieusement valeurs islamistes profondes et look d’enfer, surtout l’enfer des femmes, le nom de Tarek Ramadan, charmeur incroyable, malgré son hypocrisie feutrée et un intégrisme à peine voilé, s’est imposé sans rival.  Au point où nous avons d’abord songé à baptiser notre prototype d’homme nouveau musulman de l’épithète racoleur de ramadansexuel

Comme le mot ramadan désigne toutefois un rituel fondamental, nous avons plutôt décidé, inspiré par un souci aigu de tact qui n’a jamais cessé de nous guider, d’éviter de froisser indûment des susceptibilités et d’opter plutôt pour l’épithète mohammedsexuel.  Le prénom musulman Mohammed demeurant en effet, et de loin, le plus populaire, son choix s’imposait pour éviter toute discrimination fondée sur la classe sociale, l’âge, le revenu ou l’éducation.  Après tout, chaque homme n’a-il pas le droit de se sentir attrayant ?

Les bienfaits d’une métamorphose

À première vue, l’entreprise de transformer un homme hirsute, arborant une djellaba comme un trophée, en version islamiste de Mario Pelchat peut sembler d’avance vouée à l’échec.  Pour les autres, espérons-le, majoritaires, il ne suffit pas de s’habiller en occidentaux pour en adopter les valeurs par contact cutané.  Comme tout changement fondamental ne peut venir que de l’intérieur, c’est en persuadant ces hommes qu’ils ont tout à gagner à évoluer que nous les aiderons à s’affranchir des derniers vestiges d’une virilité archaïque et biodégradable.

Il suffit de leur faire comprendre qu’en devenant eux-mêmes heureux et libres, ils rendront leur(s) épouse(s) heureuse(s) et libre(s).  Ainsi, leur tendre moitié ou quatre cinquièmes restera avec eux parce qu’elle est heureuse.  Exposé ainsi, la pari est presque gagné d’avance, ne trouvez-vous pas ?  Après tout, seuls les imbéciles ne changent pas d’avis.  Afin de définir les paramètres d’une initiative d’une telle envergure, de l’aide sera sans doute nécessaire, cependant.

Deux ministres à l’écoute

Comme notre initiative vise les communautés culturelles, nous avons pensé la proposer à nouveau au ministère de l’Immigration et des Communautés culturelles[1] et cette fois à celui de la Condition féminine, vu que des femmes en retireront un bénéfice immédiat évident et qu’il n’existe toujours pas de ministère, ni quoi que ce soit d’ailleurs, au Québec, de rattaché à la condition masculine.

À la vitesse où les dossiers touchant le balisage des accommodements raisonnables et le sort des hommes avancent, nous ne doutons pas que cette nouvelle façon d’aborder l’égalité homme-femme trouvera un aboutissement avant le départ de ces ministres en maison de retraite.  Les changements profonds de mentalités demandent parfois du temps…

[1] Le 24 juin dernier, nous avions déjà soumis aux ministères de l’Immigration et des Communautés culturelles ainsi que du Tourisme un projet de Programme de relocalisation culturelle (PRC) destiné à trouver un pays plus compatible que le nôtre aux nouveaux arrivants qui, comme la désormais célèbre Naema, préfèrent s’exclure que de renoncer à un niqab ou à tout autre usage religieux dépassé.  Le bureau de Mme James est le seul à avoir accusé réception de notre envoi, mais nous restons persuadés que la ministre assurera le suivi du dossier avec la fougue et le dynamisme auxquels elle nous a habitués.  Voir dans ce blog Naema, n’abandonnez pas votre idéal ! 

1 commentaire:

Olivier Kaestlé a dit…

Ce jeudi, 8 juillet, le ministère de la Condition féminine a accusé réception de notre piste de Programme de charme et maintien destiné aux hommes intégristes fanatiques de niqab et de burka. Le ministère de l'immigration et des Communautés culturelle, de son côté, n'a pas donné signe de vie. Sans doute planche-t-il sur notre proposition précédente de Programme de relocalisation culturelle destiné aux Naemas et autres nouveaux arrivants incapable de renoncer à leurs coutumes rétrogrades pour s'adapter à notre collectivité ?...