lundi 15 août 2011

Affaire Armande Côté : quand la procédure l’emporte…

Armande Côté, au palais de justice de Sorel.
« Justice a été rendue » devait déclarer Armande Côté, 61 ans, le 29 novembre 2007, en quittant précipitamment le palais de justice de Sorel après son acquittement surprise par le juge de la Cour supérieure Guy Cournoyer, pour le meurtre au second degré de son conjoint, André Hogue, 63 ans.  Le verdict avait été prononcé avant même la tenue du procès.  Malgré une preuve accablante, le magistrat, en réponse à une requête de l’avocate de l’accusée, avait décrété que les policiers avaient commis plusieurs erreurs grossières qui invalidaient la majorité des pièces retenues contre l’accusée.  « Il est regrettable qu’en 2007, un tribunal soit encore forcé de rendre une telle décision » avait commenté le juge.

Des preuves accablantes

Le soir du 22 juillet 2006, Armande Côté signale le 911, apparemment pour venir en aide à son conjoint, trouvé inerte selon ses dires dans le gazébo derrière leur chalet du 23, chemin Landry, à Pierreville.  Une ambulance accourt chercher Hogue et la femme reste sur les lieux.  C’est après un examen au scanner qu’un médecin découvre des bouts de métal dans la tête, plus tard identifiés comme les résidus d’une balle de calibre 22.

La victime, André Hogue.
Alertés, des policiers se rendent au chalet vers minuit, sans mandat, et inspectent les lieux.  Ils constatent un trou dans la moustiquaire du gazébo et un autre dans la vitre du solarium.  Vers deux heures, Côté est amenée au poste de la SQ, tandis que les recherches se poursuivent sur place. On demande à la conjointe de Hogue une relation écrite des événements.  Visiblement suspectée, elle se met à table : une déclaration est enregistrée sur vidéo.  Ce n’est qu’à 5h23 qu’on l’autorise toutefois à consulter un avocat.  Les mandats de perquisition ne seront pas obtenus avant 8h32 et 9h55, respectivement. Entre-temps, les policiers ont découvert que le coup de feu a été tiré à partir d’une fenêtre de la maison.  L’étau se resserre.

L’avocate de la défense, Me Carole Gladu, a pu faire invalider ces lourdes preuves au motif que les droits de sa cliente auraient été violés, en vertu de la Charte des droits et libertés, puisqu’elle a été détenue sans être informée des motifs retenus contre elle, que les policiers ont pénétré chez elle sans mandat, qu’elle a été surveillée dès leur arrivée, qu’elle a été interrogée sans avoir pu consulter un avocat, que des subterfuges auraient été employés pour fouiller la résidence et qu’enfin, Côté a été retenue au poste de police et contrainte de rédiger une déclaration. 

Le syndrome de la femme battue

Syndrome de la femme battue :
une popularité suspecte...
Inutile de dire que les deux filles de la victime, Stéphanie et Marie-Claude, ont vivement réagi à un tel dénouement.  « Tu va l’avoir sur le cœur pour le reste de ta vie », s’écriait l’une d’elle à l’adresse de Côte, au moment où cette dernière quittait les lieux, entourée de ses proches.  Force est d’admettre que la sensibilité des deux jeunes femmes, comme celle des deux sœurs d’André Hogue, Michelle et Immaculée, a été mise à rude épreuve devant la tournure fortement médiatisée du drame, où la victime était momentanément devenue l’agresseur, par la magie de ce concept si populaire en droit criminel québécois appelé syndrome de la femme battue.  En vertu d’un tel argument, d’étonnants verdicts d’acquittement ont été rendus.

Les trois sœurs d’Armande Côté ont par ailleurs contribué à alimenter cette thèse questionnable.  « La violence psychologique, c’est pire qu’une tape sur la gueule » s’était déjà exclamée l’une d’elles le 25 juillet 2006, peu après le meurtre.  « C’est sûr qu’elle n’avait pas toute sa tête ! Sûr ! Sûr ! Armande, c’est une femme qui est droite. »  L’institut Philippe Pinel devait pourtant la tenir responsable de ses actes, en conclusion de son rapport psychiatrique.  La soeur qui s’exprimait ainsi réalisait-elle qu’elle reconnaissait implicitement que l’accusée avait pressé la détente ?  Avait-elle recueilli une confidence déterminante ?  Les trois femmes avaient précisé que le couple s’était formé 14 ans avant le drame, mais que depuis quatre ans, la situation dégénérait.  Après une séparation, Hogue aurait selon elles continué à appeler une autre femme connue entre-temps.  Rumeur ou vérité ?  Dans ce cas, la thèse du meurtre passionnel deviendrait plausible.

Riposte familiale

Les hommes aussi sont victimes de violence,
ont rappelé les soeurs Hogue.
Devant cette soudaine inversion des rôles, la riposte des filles et des sœurs d’André Hogue ne s’est pas fait attendre.  « Y a beaucoup de femmes qui subissent de la violence, mais quand c’est les hommes qui en sont victimes, y a rien qui sort. » affirmait l’une d’elles le lendemain.  Marie-Claude, la fille aînée de la victime, ajoutait : « Je n’ai pas envie qu’on salisse Armande.  Mais ce qu’on a lu et entendu ne reflète pas la vérité. »  Et sa sœur cadette de renchérir : « Ce qu’on voit, c’est que c’est lui le méchant, que c’est lui qui a provoqué ça.  Je ne suis pas d’accord !  C’est lui la victime ! »  Et Marie-Claude de conclure : « On n’a jamais connu de violence quand il vivait avec notre mère.  Et moi, je ne crois pas que cette femme (Armande) soit atteinte du syndrome de la femme battue. »  Autre son de cloche, n’est-ce pas ?  C’est pas fini.

Les deux sœurs d’André Hogue ne donnaient pas leur place pour défendre la mémoire de leur frère.  C’est au moment où Hogue prend une préretraite en s’installant à Pierreville qu’il fait la connaissance de Côté.  « Le début de la misère » soupire l’une d’elle.  Mais il l’aime… Il l’aide financièrement.  Quand Armande se découvre un cancer, il la soutient et l’envoie se faire traiter aux États-Unis.  Malgré cela, le couple se sépare à six reprises.  Les deux sœurs affirmaient avec conviction que leur frère, un homme respecté, aimait l’accusée « trop ! Et jusqu’à la fin ! ».  Elles devaient réfuter la thèse du harcèlement par des échanges avec une autre femme.  « Sur le système de communication Internet, c’était Armande et André ensemble… »  Nous voilà bien loin d’un homme violent, adepte de sévices psychologiques…

Lueur à l’horizon

Jacques Dupuis, ministre de la Justice en 2008.
Dès 2008, la famille de Hogue avait exercé des pressions auprès du ministre de la Justice de l’époque, Jacques Dupuis, afin qu’il intervienne dans ce dossier déroutant.  Un site avait été mis en ligne afin de publiciser la cause et de sensibiliser le public.  C’est enfin le 18 février 2010 que trois juges de la Cour d’appel ont cassé le verdict d’acquittement et ordonné la tenue d’un nouveau procès devant juge et jury.  Dans La Voix du 26 février 2010, Marie-Claude Hogue déclarait : « C’est la première fois depuis 43 mois que la famille se sent supportée par la Justice.  C’est comme si nous étions seuls à porter cette charge depuis tout ce temps. » 

L’avocate de Côté a aussitôt contre-attaqué, le 13 avril 2010, en déposant devant la Cour suprême du Canada une demande d’autorisation pour en appeler de la décision de la Cour d’appel.  Les neuf juges du plus haut tribunal canadien devaient s’accorder, le 15 mars dernier, de cinq à six mois avant de donner une réponse qui devrait normalement être imminente. 

Carabine de calibre 22 similaire à celle qui a tué  André Hogue.
Il serait judicieux de se demander si, Charte des droits et libertés ou pas, un verdict d’acquittement aurait pu être prononcé dans un cas similaire, mais où l’accusé aurait été un homme, et la victime, une femme.  Poser la question, n’est-ce pas y répondre ?  Quant à la déshonorante inversion des rôles de victime et d’agresseur, inutile de dire que les médias ne s’en seraient jamais faits les complices.  Lorsqu’en plus de mourir par une main criminelle, un homme voit sa mémoire souillée publiquement, c’est comme on l’assassinait deux fois.  Quand de surcroît son agresseur, quel qu’il soit, reste impuni, c’est à se demander ce que vaut la vie humaine, aux yeux de notre système, quand elle n’est « que » masculine…

jeudi 11 août 2011

Malversation policière : la fumiste et le balourd

Les enfants, victimes indirectes
des fausses allégations.
Les fausses accusations frappent souvent dans un contexte de lutte pour la garde des enfants et, dans la nette majorité des cas, les pères en sont les premières victimes. On imagine mal cependant que ces calomnies puissent survenir à la suite d’une rencontre dans un lieu public et encore moins qu’une policière puisse en être l’auteure !  Le récit que vient de m’envoyer Éric (nom fictif) aura de quoi éveiller la prudence sur la nécessité ne pas prendre pour acquit l’intégrité d’employés qui devraient agir de façon à commander le respect de la population : les policiers.  Je précise que les noms des personnes impliquées dans ces événements bien réels sont cependant fictifs et que toute référence au service de police impliqué ainsi que toute précision géographique ont été délibérément omises, une cause étant toujours possible devant les tribunaux.

(Encore) Une ex vengeresse

C’est en septembre 2010 qu’Éric décidait de rompre avec Nicole, la mère de ses deux enfants, après avoir découvert ses infidélités.  Il n’en fallait pas moins pour que la femme délaissée qui, bien qu’adultère s’était toujours montrée d’une jalousie maladive, exige aussitôt la garde exclusive des enfants et multiplie les calomnies envers son ex.  Elle l’accusera d’avoir accumulé des dettes faramineuses, d’avoir mené une vie parallèle à celle de sa famille, d’avoir été négligent envers ses enfants, de passer ses soirées sur des sites Internet de rencontres et de masseuses en plus de s’être sans cesse montré agressif envers sa femme au point où elle dit redouter maintenant pour sa sécurité et celle de ses enfants. 

Des ex se compromettent parfois par courriel....
Comme au Québec, toute femme peut impunément mentir sur son conjoint, pourquoi se gênerait-elle ?  Non seulement Nicole menacera-t-elle Éric de lui faire perdre son emploi, celui d’une nouvelle copine rencontrée entre-temps, ainsi que la garde de ses enfants, mais elle aura l’étourderie de le faire par téléphone, par l’intermédiaire d’un collègue et même, par courriel…  J’ai obtenu copie des envois en question : comme l’affirmait si justement Sophocle, la bêtise est définitivement la sœur de la méchanceté…

Le complot

Aveuglée par sa haine envers Éric, Nicole allait s’enfoncer davantage dans la malversation, s’aidant cette fois d’une amie, Germaine Therrien, pourtant policière, jadis également en bons termes avec Éric.  Le 5 février 2011, le père de famille, qui n’a que la garde partielle de ses enfants, doit les ramener au domicile de sa conjointe à 19 heures.  Nicole lui demande de les lui reconduire exceptionnellement à un restaurant bien connu de la ville.  Éric refuse de dévier de l’ordonnance de la Cour.  Nicole, qui se trouve en compagnie de Germaine la fait intervenir au téléphone.  C’est avec tact que celle-ci traite Éric de « cave » et de « sans cœur ».

Sans emmener les enfants, Éric se rend au resto, muni d’un affidavit rempli des fausses accusations de son ex, dans le but de persuader celle qu’il prend encore à tort pour une amie commune de convaincre Nicole de cesser ses mensonges.  Arrivé, il constate que les deux femmes sont assises au fond de l’établissement, près des toilettes, à l’endroit le plus isolé.  Il place l’affidavit sur la table, en face de l’agente, et lui donne sa propre version des comportements de son ex-femme, en lui conseillant de lire le document édifiant rédigé par cette dernière.  Le soir même, Éric ramène les enfants à Nicole qui, furieuse, commence à le menacer, mais s’interrompt à la vue du père de son ex.  Quand même pas stupide à ce point…

Même une policière peut se faire
la complice d'un complot.
Trois jours plus tard, Éric apprend qu’une plainte de voies de fait a été déposée contre lui par l’agente Germaine Therrien.  Il comprend aussitôt que Nicole et Germaine ont comploté pour lui nuire en vue de l’audition pour la garde partagée des enfants, prévue en mai 2011.  La volonté d’attirer notre homme au resto avait de toute évidence été orchestrée à cette fin.  Un enquêteur, Florian Tétreault, du même service de police que la plaignante, sera assigné à l’enquête sur la plainte...  Il agira avec un parti pris flagrant, enquêtant à charge, soit au détriment de l’accusé, mais « oubliant », d’agir à décharge, donc en tenant compte de la version de celui-ci, qu'il ne vérifiera pas.  Cette pratique à sens unique est monnaie courante chez les corps policiers du Québec, dès qu’une femme pose en victime.

Quand l’enquêteur s’emmêle…

Florian serait un personnage digne d’un vaudeville si les conséquences de ses actes n’étaient pas aussi consternantes.  Doté de la ténacité du pit-bull alliée à la clairvoyance de la taupe, le maladroit ne fera qu’accumuler les signes d’une embarrassante incompétence.  Trahissant un conflit d’intérêt évident au profit de sa collègue, il voudra d’abord convoquer Éric pour l’arrêter, ce que ce dernier refusera, préférant lui envoyer les courriels prouvant des intentions malveillantes de Nicole et, plus tard, une déclaration de la gérante du restaurant, présente au moment des faits allégués et qui confirmait que ni elle, ni ses employés, n’avaient été témoins que quelque acte de violence que ce soit. 

En comparaison de Tétreault,
le célèbre inspecteur Clouzot
a l'air d'un surdoué...
Se croyant vraisemblablement investi d’une mission suprême au nom de la cause des femmes, le balourd refuse toute explication d’Éric, et se garde bien de vérifier la véracité des preuves éloquentes transmises, incluant le témoignage de la gérante.  Au contraire, il réitère son exigence de convocation, faute de quoi il menace d’arrêter Éric sur son lieu de travail.  L’agente Germaine Therrien se dit toujours très craintive, curieuse attitude pour une agente qui devrait faire preuve d’une grande solidité nerveuse.  Pourrait-elle assurer la discipline dans une cour d’école ?

Le 16 février, en proie à un irrépressible accès de testostérone, Tétreault somme à nouveau Éric de se rendre et, devant son refus, se transporte avec fougue à son domicile en vue de l’arrêter. Comme Éric, qui travaille de nuit, dort, l’intrépide enquêteur court chercher un mandat d’entrée, en dissimulant évidemment la version et les preuves fournies par Éric aux autorités compétentes. Revenu sur les lieux, il martèle la porte le plus fort qu’il peut, et arrête Éric devant ses voisins médusés.  La plainte de l’agente Therrien demeure si invraisemblable que le bureau du substitut du procureur la rejettera aussitôt du revers de la main.  Alors, pourquoi tout ce cirque ?

Immunité diplomatique

À l’évidence victime d’un complot suivi d’un abus de pouvoir policier, Éric porte plainte en déontologie policière contre les agents Therrien et Tétreault.  Malgré la preuve accablante, aucune sanction, aucune réprimande n’est administrée à la calomniatrice, ni à l’imbécile.  Éric a ensuite rempli une déposition pour méfait public qui, après maints transferts d’une autorité à une autre, a fini par être rejetée également, sans qu’aucune raison ne soit fournie.  Après consultation auprès d’une firme d’avocats aux coûts de 5 000 $, les juristes n’ont rien trouvé de plus brillant à dire que, étant donné le corps policier visé par la plainte, une éventuelle poursuite ressemblerait au combat de David contre Goliath.  De toute façon, Éric, présentement en arrêt de travail, n’a plus les moyens d’entreprendre quelque démarche légale que ce soit.  Reste à savoir quel impact auront tous ces événements sur la requête en garde partagée prévue en mai prochain.

Notre système vous inspire-t-il
toujours confiance ?
Je ne sais pas pour vous, mais un tel récit ne me réconforte pas particulièrement sur la confiance et le respect que nous devons à nos policiers.  J’ose encore croire que le plus grand nombre fait son travail correctement mais peut-être ne suis-je qu’un grand naïf ?  Bien davantage que la corruption des agents, les faits énoncés dans cette chronique démontrent une malhonnêteté beaucoup plus généralisée, trahissant l’absence d’éthique d’un système policier et judiciaire gangrené, où la parole d’ex-conjointes calomniatrices et de fumistes en uniforme pèse bien davantage que celle d’un homme intègre.

mercredi 3 août 2011

Slutwalks : au moins, ça leur fait prendre l’air…

Ce qu'une parole maladroite peut déclencher...
Le policier canadien Michael Sanguinetti ne savait pas ce qu’il allait déclencher le 24 janvier dernier lorsqu’il eut le malheur de conseiller à des étudiantes, au lendemain d’un viol à l’université York, « de ne pas s’habiller comme des salopes (slut, en anglais) », si elles ne voulaient pas se faire agresser.  Ainsi, le mois d’avril dernier a vu naître et se développer les « slutwalks », ou « marches des salopes » dans plusieurs pays, de l’Amérique du Nord jusqu’en Asie.  Les organisatrices revendiquent « le droit de porter ce que nous aimons ».  Cette mobilisation n’est pas sans évoquer une crise d’adolescence manifestée dans le but de « faire suer Papa » en s’opposant à ses restrictions vestimentaires.  Peut-on vraiment prendre ces femmes, majeures et vaccinées, à la sérieuse ?

Nul doute qu’il existe encore chez certains esprits rétrogrades une tendance condamnable à dédouaner les agresseurs sexuels en accusant systématiquement les victimes féminines « d’avoir couru après », en portant des vêtements osés ou en adoptant des attitudes suggestives.  Ce travers est-il à ce point répandu que plusieurs femmes et quelques hommes jugent pertinent de se proclamer « salopes » et d’arpenter les trottoirs vêtus comme des filles à matelot afin de dénoncer une épidémie de misogynie aux mains longues ?  En Occident, où le dopage statistique et les conceptions simplistes et réductrices sont la règle de toute « sensibilisation » sur les agressions sexuelles (dont les victimes masculines restent à jamais exclues), la question se pose.

Un double discours

En haut de cette photo, à droite : Slut Pride...
Cette nouvelle excentricité, nettement plus déjantée que la Marche mondiale des femmes, m’a rappelé un incident rapporté jadis par un ami.  Sirotant une bière dans un club en regardant un couple improvisé évoluer sur la piste de danse, il remarqua que la fille dansait de façon particulièrement langoureuse en se frottant les hanches près de la zone érogène par excellence de son partenaire.  Comme celui-ci s’approchait pour l’embrasser, la séductrice le repoussa brusquement.  Un moment déconcerté, le gars lui agrippa fermement les deux seins, l’espace d’une seconde, la repoussa à son tour, puis quitta la piste, laissant sa partenaire éberluée.

Choqué, sur le moment, de ce qu’il venait de voir, mon ami voulut intervenir, puis se ravisa.  Si l’homme avait agi ainsi envers une femme qui se comportait sans ambiguïté, il se serait interposé.  Dans le cas présent, il jugea que la partenaire de danse était partie prenante de ses problèmes.  Il finit donc tranquillement sa bière.

Question sensibilisation, elles peuvent se rhabiller...
En repensant à cette anecdote, le double discours des « salopes » autoproclamées m’a laissé dubitatif.  S’il est louable de déculpabiliser les victimes d’agressions sexuelles, on voit mal comment on peut se limiter à condamner seulement les hommes (les éternels méchants de l’histoire) qui  considèrent certaines femmes avec convoitise quand celles-ci exigent de pouvoir adopter des comportements provocants sans en assumer les risques.  La question vestimentaire est-elle à ce point le nœud du problème, surtout à cette époque caniculaire où il est normal que les gens, hommes comme femmes d’ailleurs, se promènent légèrement vêtus, pour des raisons évidentes de confort et de bien-être ?

Et la prévention, bordel ?

Au-delà de l’aspect vestimentaire, une telle mobilisation balaie le facteur sans doute plus pernicieux évoqué par mon ami : l’attitude équivoque de certaines femmes, qui peut envoyer des messages erronés.  Quand donc nos valeureuses militantes opteront-elles pour une approche préventive et responsable en déconseillant ces comportements en porte en faux ?  Le fait de dédouaner ce type de femme, sous le prétexte de déculpabiliser toutes les autres, est-il plus acceptable que celui d’absoudre d’éventuels « agresseurs », comme celui de la piste de danse ?  Faut-il à la limite, au nom de la cause des femmes, revendiquer pour elles le droit de pouvoir déambuler seules, en G-string et les seins nus à trois heures du matin dans un quartier mal famé aux abords d’un bar louche ?  La prévention, n’est-ce pas aussi défendre la cause des femmes ?

Des modèles pour nos adolescentes ?...
Dans la même optique, alors que les directions d’école font des pieds et des mains pour inculquer quelques principes de respect de soi et de prudence à nos adolescentes, par des règles vestimentaires minimales, faut-il trouver sensés, chez des femmes adultes et vaccinées, ces comportements d’adolescentes attardées ?  Offrent-elles un modèle auquel les femmes de demain peuvent légitimement s’identifier ?  Et ces militantes, s’agit-il des mêmes qui dénoncent avec tant de désarroi l’abîme de perdition de l’hypersexualisation ?  Un peu de cohérence serait de mise.

Des hommes en talons hauts

Dans la veine d’infantilisation d’un féminisme déresponsabilisant, une autre initiative pédestre est passée pratiquement inaperçue des médias.  Réparons vite cette lacune.  Figurez-vous qu’il existe une marche internationale visant la lutte aux agressions sexuelles envers les femmes (envers les gars, bar ouvert !) ayant pour thème Un mille en talons hauts.  L’événement en est à sa deuxième édition et consiste à faire marcher – de plus d’une façon - des hommes pendant un mille en escarpins au coût de cinq dollars par participant.  L’année passée, une cinquantaine de gogos avaient ainsi paradé à Prescott-Russell, au Québec.

Au moins, ceux-là étaient en service commandé...
Je ne saurais vous dire d’où origine ce nouvel accès de misandrie, mais chez nous, c’est sans surprise le CALACS de cette riante bourgade qui a « marrainé » l’événement en mai dernier.  On ne sait encore combien d’hurluberlus culpabilisés ont jugé pertinent de se manquer de respect au nom de la cause des femmes.  À quand une activité où des hommes seront invités à se pisser dessus ?

« Osez le clitoris ! »

Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont elles.  Avec ce thème, nos cousines françaises sont à l’origine de la manifestation culturelle la plus originale depuis l’avènement du verlan.  Quarante ans après la révolution sexuelle, Woodstock, le Flower Power et Sgt Pepper, ces dames relèvent enfin l’ambitieux défi de localiser et d’explorer leur clitoris.  Mieux vaut tard que jamais.  Comme une femme sur deux en ignorerait toujours l’emplacement, voilà une activité qui pourrait les tenir occupées pour un temps.  On ne sait si elles anticipent d’enquêter en marchant, ni si une telle… démarche demeure compatible avec le port du talon haut.

Cet obscur sujet du désir...
C’est donc dans le dessein fort louable de briser le cycle du séchage, puisque, disent-elles, « l’intimité reste un lieu de pouvoir masculin », que ces militantes surmonteront leur hyposexualisation à la conquête de cet organe « souvent oublié ».  Humblement, elles admettent : « on ne sait à quoi il ressemble ni comment il fonctionne »… Ce n’est pas moi qui le dit, ce sont elles. Afin d’élucider cette énigme libidinale, budgets de recherche et campagne de sensibilisation (comprendre ce mot dans une toute nouvelle perspective) leur semblent incontournables.  C’est à ce prix que les femmes pourront se prendre en main.  L’auto-exploration pourrait s’avérer une solution beaucoup trop simple.  J’en chercherais bien d’autres mais pas ce soir, j’ai mal à la tête…

jeudi 28 juillet 2011

Misandrie au ciné : de la midinette au faire-valoir

L'homme, jadis si omniscient...
Ce n’est pas d’hier que l’on dénonce le sort peu enviable réservé aux hommes à la télé, dans les films ou la publicité. Rien ne semble vouloir cependant infléchir cette tendance globale à la misandrie, bien au contraire.  Normal, le sexisme envers les hommes fait vendre.  Il est loin le temps où un homme en sarrau blanc expliquait d’un ton condescendant à une ménagère crédule comment son détersif laverait plus blanc que celui de la concurrence.  En fait, ce qui rendait une telle pub sexiste n’était pas tant l’évocation d’une situation donnée où l’homme avait incidemment le « beau rôle », mais bien la répétition ad nauséam de ce genre de contexte. 

Un tel martèlement enfonçait jadis dans le crâne des petites filles et des adolescentes qu’elles seraient inexorablement vouées à dépendre des hommes, systématiquement présentés comme omniscients et convaincus de leur suprématie.  Au fil des ans, le mouvement féministe s’est élevé, non sans légitimité, contre ce lavage de cerveau insistant et insidieux qui s’inscrivait dans le courant des films, séries télé et téléromans des années soixante et soixante-dix.

La pub Whiskas, un sommet de misandrie.
Depuis plus d’une quinzaine d’années, un matraquage tout aussi malsain frappe désormais les garçons, enfants comme adolescents, déjà désavantagés par un système scolaire conçu sur mesure pour les besoins des filles et donc étranger aux leurs. Leur estime personnelle et leur développement se trouvent ainsi doublement affectés.  Si l’on imagine que nous avons en ce moment des problèmes avec les hommes en ce qui a trait à la dépression, au suicide, à la violence subie et exercée, de même qu’avec leur difficulté croissante à accéder aux études supérieures et à des emplois valorisants, le « meilleur » reste à venir, si d’urgentes prises de conscience n’amènent pas nos sociétés occidentales à rectifier le tir. 

Même les meilleurs...

Il y a quelques années, mon fils Jérémie, alors âgé de huit ans, m'avait confié, l'air penaud, qu'il trouvait les filles plus intelligentes que les garçons.  Quand je lui avais demandé d'où lui venait cette perception consternante, il m'avait répondu  que ces dernières avaient de meilleures notes que leurs confrères masculins.  À ses yeux, on pouvait donc mesurer l'intelligence.  Je le détrompais en lui citant les cas de Lennon, Einstein et Mozart, génies incontestés mais néanmoins cancres finis.

Mon fils, Jérémie.
Or, non seulement mon fils n’éprouvait aucun trouble d’apprentissage ou de décrochage, mais il était considéré nettement plus brillant que la moyenne par les institutrices qui lui avait enseigné jusqu’alors.  Aujourd’hui encore, il exaspère ses profs de maths par sa rapidité à terminer ses examens, avec une note souvent parfaite et des solutions parfois inédites.

Comme si la vie ne l'avait pas assez avantagé, Jérémie était - et est resté - un beau garçon, vif, volubile, aux yeux rieurs et à l'humour contagieux.  Si un jeune pareil a trouvé le moyen de se sentir moins intelligent que les filles, il faudrait commencer à s'inquiéter du sort réservé à ceux qui ne bénéficient pas des mêmes facilités.

L'effet Twilight

Il n’y a pas que la publicité misandre et un système scolaire prodigue en décrocheurs qui grugent l’estime personnelle des hommes de demain et par conséquent leur aptitude à se réaliser.  Le cinéma et les séries télé se mettent insidieusement de la partie.  Le décloisonnement entre les films dits de gars et ceux jadis réservés aux filles n’a pas que des effets positifs sur la perception des rapports homme femme par les jeunes.  La série des Twilight, histoires de vampires métissées de chick lit est un exemple de certaines dérives.  

Personnages masculins : héros ou faire-valoir ?
Le fait qu’un type de récits à l’origine favori d’un public masculin attire désormais en majorité des spectatrices indique un net changement de cap.  L’homme qui triomphait de l’adversité se voit désormais subordonné à l’héroïne qui règne sur le cœur de ses adorateurs.  Les garçons devront-ils se rabattre sur les vieux Dracula, avec Béla Lugosi ou Christopher Lee, pour échapper aux nouveaux stéréotypes de faire-valoir qui les guettent ?

Depuis l’arrivée massive des femmes sur le marché du travail, les producteurs de films ont réalisé qu’elles représentaient un pouvoir d’achat et que le film « d’amour » devenait plus que jamais le véhicule idéal pour en tirer parti, quitte à mettre de « l’amour » partout, à condition que les femmes menent le bal.  S’agit-il d’une revanche sur les années où ces dames étaient présentées comme des dépendantes affectives dans l’âme, décoratives mais incapables de prendre une décision et n’aspirant qu’au mariage ? 

Nos héros peuvent-ils tomber plus bas ?
Toujours est-il que c’est maintenant au tour des hommes de se transformer en satellites accessoires et idolâtres de la dame de leur cœur.  Souvent irrésolus, maladroits, mesquins et dominés par une libido ravageuse, les voilà prêts à abandonner toute dignité - chez ceux qui en avaient au départ – afin de conquérir, ou plutôt de s’assujettir, à l’élue de leur cœur.  L’apothéose dégénérative de leur comportement de « mâle » atteint son paroxysme au sommet de l’inévitable triangle amoureux où deux cruches lutteront pour conquérir une même potiche.

Le syndrome Bridget Jones

Les chances d'attirer un public masculin
restent minces...
Depuis 2001 et Le Journal de Bridget Jones, de Sharon Maguire, le centre du triangle n’a même plus besoin d’être irrésistible.  Renée Zellweger y incarne une employée d’agence publicitaire, célibataire, rondouillarde, sotte et névrosée.  Il est impossible de comprendre ce qui chez elle peut inspirer les pathétiques personnages interprétés par Hugh Grant et Colin Firth.  Le premier incarne son patron égoïste mais séduisant et le second, un avocat prestigieux.  Alors que les chances, dans la vie, que deux hommes semblables s’éprennent d’un repoussoir comme Bridget demeurent utopiques, les bougres en arriveront aux poings pour conquérir l’objet de leur passion.

Un tel film – et les nombreux autres qui s’en inspirent – a tout pour rebuter la gent masculine de la comédie sentimentale.  De nombreuses femmes y trouvent cependant leur compte, plus que jamais.  La marche était bien haute quand il fallait jadis s’identifier à Audrey Hepburn, Elizabeth Taylor ou Grace Kelly pour se fantasmer le centre d’intérêt de deux vedettes masculines.  Bridget rend le fantasme... « réaliste ».

Entre stéréotypes et réalité,
nos ados ont de quoi se démêler.
On aura beau dire que la compétition fait intrinsèquement partie de la nature masculine, ce trait de caractère peut très bien se voir intégré au discernement et au contrôle de ses impulsions.  Là encore, les relations homme femme se trouvent réduites à un pattern figé, peu représentatif de la diversité des comportements respectifs des deux sexes et de leurs nombreuses possibilités d’interrelations.  En clair, le cinéma nivelle les rapports homme femme vers le bas et n’offre à nos jeunes, garçons comme filles d’ailleurs, que peu de perspectives réalistes et constructives sur la façon d’envisager leur vivre ensemble.

Bien sûr, le rôle du cinéma n’en est pas un d’éducation populaire et le fait de donner une dimension relationnelle à des films d’action peut s’avérer bénéfique d’un point de vue évolutif.  Après tout, les relations entre les hommes et les femmes font partie de la vie.  Il ne faut cependant pas perdre de vue l’aisance avec laquelle on peut glisser des horizons élargis à la propagation de clichés réducteurs et misandres.  Alors que l’art se prétend le reflet d’une société, il peut malheureusement prouver son aptitude à devenir générateur d’involution. 

mardi 26 juillet 2011

Affaire Fournier : de fausses accusations en vrac

Henri Fournier,
faussement accusé.
C’est le 29 octobre 2009 qu’Henri Fournier, professeur d’éducation physique d’une école de la Montérégie, était blanchi des 38 chefs d’accusations d’attouchements sexuels fictifs subis par 19 fillettes âgées entre huit et 11 ans.  Dix-neuf, pas une de moins !  Ainsi que le précisait Yves Boisvert dans La Presse du 9 novembre 2009 : « À lire la décision de la juge Odette Perron, de la Cour du Québec, on a l’impression d’être devant une pure fabulation, amplifiée par la rumeur d’un groupe de fillettes, relayée par une direction paniquée et des parents inquiets, et approuvée par une enquête policière d’une semaine. »  Ne vous étonnez pas de ne pas avoir entendu parler de cet acquittement : il est survenu en pleine effervescence d’élections municipales. 

On ne se surprendra pas davantage, devant pareil cafouillage issu de rumeurs enfantines, de la réaction du principal intéressé, prônant la nécessité de mieux protéger les enseignants des fausses allégations, dans un contexte où les éducateurs masculins, craignant sans doute de se voir broyés par l’engrenage policier et judiciaire de ce fléau, se font de plus en plus rares.  « C’est trop facile d’envoyer n’importe qui en prison », devait affirmer Fournier à l’émission Tout le monde en parle en février 2010.  Comment lui donner tort ?

L’enseignant de 31 ans d’expérience n’a pas subi que des outrages à sa réputation.  Suspendu sans solde pendant près de deux ans par la Commission scolaire des Grandes Seigneuries, en plus d'avoir dû défrayer des honoraires d'avocat de 80 000 $, il s’est vu proposer de se voir réintégré dans ses fonctions, mais son employeur refuse de lui rembourser le salaire perdu, malgré une convention collective lui garantissant de récupérer tous ses droits.  Joignant l’insensibilité à la rapacité, la Commission scolaire est allée en arbitrage afin de lui contester ses droits et a obtenu d’une arbitre de ne pas l’indemniser.

Une commission scolaire sans compassion, ni éthique.
Quant à sa réintégration alors prévue le 12 janvier 2010, il devait y renoncer quatre jours plus tard, préférant prioriser sa santé physique et mentale, après cette épreuve majeure.  Soulignons qu’aucune de ses 19 accusatrices n’a été sanctionnée, ni n’a même présenté d’excuses – pas plus que les parents de ces trésors - et que cinq d’entre elles se trouvaient toujours sur les lieux, au moment de la tentative de notre homme de retourner au travail.  Il semble que la conscientisation sur les conséquences de propos mensongers ne soit pas une priorité, ni à cette école, pas plus qu’à cette commission scolaire. 

C’est pourtant à l’établissement où ont débuté ses malheurs qu’Henri Founier avait choisi de retravailler plutôt que de repartir à zéro ailleurs, où il anticipait d’être accueilli avec scepticisme.  Même acquitté, un homme accusé d’agression sexuelle sait sa réputation définitivement entachée.  « Je pense que c’est plus facile pour moi, avait-t-il déclaré à Dimanche Magazine, de revenir à mon lieu de départ, la tête haute, en regardant tout le monde dans les yeux. »

Les origines d’un cauchemar

Voici un extrait de la page Facebook d’Henri Fournier, relatant les faits à l’origine de ses déboires : « Un conflit entre deux fillettes, « qui voulaient s’arracher le pouvoir dans la classe », serait à la source de cette histoire.  Ces enfants étaient des leaders.  En demandant aux autres élèves si le prof commettait des gestes inappropriés à leur égard, plusieurs auraient répondu par l’affirmative aux deux jeunes filles.  L’histoire a eu l’effet d’une traînée de poudre.

Henri Fournier ne verra sans doute plus
ce véhicule de la même  façon.
«  Henri Fournier a appris d’une élève qu’il faisait l’objet de rumeurs.  Des parents ont ensuite appelé la police.  Incarcéré, il a eu peur.  Il a été menacé.  À la fin de son séjour en taule, il a appris qu’un « contrat » avait été placé contre lui. »

Un contrat, imaginez !  Comme si notre système judiciaire ne suffisait pas à ruiner l’existence d’un homme, il fallait en plus qu’une « justice » parallèle menace la vie même de Fournier !  « On est supposé être innocent jusqu’à preuve du contraire, devait-il commenter à Radio-Canada, mais quand on parle d’agression sexuelle, souvent c’est le contraire. »  Consolation de taille, ni sa conjointe, ni ses amis ne l’ont abandonné dans son malheur. 

Les CALACS ont réagi…

À la suite du passage de l’enseignant acquitté à l’émission de Jean-Luc Mongrain, le Regroupement des CALACS (Centres d’aide et de lutte contre les agressions à caractères sexuel) a jugé opportun de réagir aux chiffres alors avancés à l’effet que de 30 à 40 % des accusations d’agressions sexuelles étaient non fondées.  Se gardant bien d’une parole de sollicitude envers Fournier, la représentante de l’organisme, Danièle Tessier, s’insurgeait contre les déclarations de l’un des invités, Alain Paquette, qui avait même affirmé que les fausses allégations dépassaient probablement ces pourcentages : «  D’où proviennent ces statistiques, M Mongrain ?  Ce message de quasi-imposture que laissent entendre ces propos ne correspond pas à la réalité des CALACS. »  Peut-être existe-t-il une différence fondamentale entre ladite « réalité des CALACS » et la réalité… tout court ?

Mongrain, pris à partie par le RCALACS...
Une autre porte-parole du même organisme, Karine Tremblay, affirmait, ce 24 juillet : « On estime en effet que le taux de fausses allégations pour tous les crimes se situe à 2 %, et il n’y a pas de raison que ce soit différent pour les agressions sexuelles. »  Alors que, selon une étude conjointe de l'Université de Montréal et de l'UQÀM, on arrête sans motif près de 10 000 hommes par an dans le cadre de la politique d’intervention en violence conjugale, ce nombre représenterait, selon les estimations des CALACS, 2 % de fausses allégations ?  Ce postulat implique que les 98 % restants devraient par conséquent atteindre le chiffre himalayen de… 500 000 agressions fondées !  Voilà qui est pire encore que les 300 000 femmes battues au Québec, chiffre dont la fausseté a été démontrée de façon définitive dans l’essai 300 000 femmes battues, y avez-vous cru ? 

Les études et qualifications professionnelles des intervenantes des CALACS demeurent un mystère pour le grand public.  Les pourcentages cités par Jean-Luc Mongrain provenaient quant à eux d’un article du Soleil, datant de décembre 2004, qui citait les propos de Michel St-Yves, psychologue judiciaire d’expérience à la Sûreté du Québec, un spécialiste des techniques d’interrogatoire qui participe activement à des enquêtes criminelles en plus d'enseigner à l’Université de Montréal et à l'École nationale de police du Québec et d'avoir publié plusieurs ouvrages de référence traitant de la problématique des agressions sexuelles.  En clair, nous n’avons pas affaire au premier venu…

Michel St-Yves, véritable spécialiste.
Quoi que l’on pense des CALACS et de leurs statistiques, il faut cependant convenir avec elles que les véritables victimes d’agressions sexuelles doivent dénoncer et obtenir justice.  Cette avancée ne doit pas pour autant se faire au détriment de la présomption d’innocence ni continuer d’encourager la calamité des fausses allégations, dont les victimes ressortent tout autant traumatisées que celles d’agressions sexuelles. Comme Henri Fournier le déclarait au Soleil de Châteauguay en février 2010 : « Je veux que ce qui m’est arrivé serve à quelque chose.  La façon de le faire, c’est d’en parler. » Pas de doute, dans le cas de toute victime, la meilleure tactique, pour se réapproprier sa vie, reste indubitablement de briser le silence. 

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