Affaire Turcotte : et la prévention dans tout ça ?
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| Affaire Turcotte : des leçons à tirer. |
Avant le procès…
Avant la tenue du procès, mon opinion était faite et si, du jour au lendemain, j’avais été alors placé en face du verdict d’hier, ma voix se serait sans doute jointe au concert d’imprécations qui doit présentement faire bourdonner les oreilles de l’intéressé. Voici à ce propos ce que je répondais, le 31 janvier 2011, à un lecteur qui me demandait mon opinion sur le cas Turcotte :
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| Isabelle Gaston, ex conjointe. |
La mère des deux victimes du cardiologue a affirmé lui avoir consenti la garde partagée avec droits de visite sans problèmes. Cette femme serait donc une antithèse, apparemment, de cas trop connus de harceleuses vindicatives. Il semble donc que la garde des enfants n'était pas au coeur du litige.
Je peux comprendre la peine ou la frustration de se sentir délaissé pour une autre personne, ce qui est tout à fait humain, mais je crois que la responsabilité entière de l'infanticide, dans ce cas de figure, incombe à son auteur. Comme la garde des enfants n'était pas le coeur du problème, il semble bien que Turcotte se soit servi d'eux pour se venger de son ex conjointe, ceci étant dit selon les faits connus.
Je ne peux même pas lui trouver les circonstances atténuantes du manque de ressources pour hommes : il appartenait au milieu de la santé, connaissait les ressources en psy, avait certainement les moyens de consulter en pratique privée. J'ai beau être sympathique à la cause des pères, dénoncer le harcèlement judiciaire et la violence post-conjugale dont ils sont trop souvent victimes, je ne trouve aucune circonstance semblable dans son cas.
Qui plus est, je me vois mal condamner la complaisance, voire l'aveuglement volontaire, que des intervenants pratiquent au sujet de la violence des mères, pour finir par agir comme eux envers les pères comme Guy Turcotte.
Et maintenant…
Ce matin, je me suis levé avec le souvenir de cette jeune mère de la Mauricie qui avait été acquittée du meurtre de son enfant de quatre ans, il y a près d’une décennie. Sa cause avait été très médiatisée dans la région et le verdict m’avait laissé le même goût amer que celui à propos de Turcotte laisse à de nombreux citoyens.
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| L'urgence du CHRTR. |
J’étais à l’époque agent de service privé, une catégorie d’agent de sécurité chargé de veiller sur les patients psychiatrisés en milieu hospitalier. Je dus assurer la sécurité de la mère en question, et la protéger des médias, peu après le meurtre. C’est une chose de suivre une affaire d’infanticide dans les journaux, c’en est une autre de côtoyer son auteure pendant huit heures. Dieu sait que l’expérience peut confronter des convictions, surtout quand on se sent outré de la trop grande complaisance de la Justice envers les mères infanticides !
Je me rappellerai toujours de cette femme en soins intensifs, percluse de solutés, le regard fixe, foudroyée. Pendant tout mon quart de travail, elle conserva cette expression figée, la bouche entrouverte, incapable de prononcer un son, apparemment étrangère à l’infirmière qui tentait d’établir un contact visuel et verbal avec elle, comme si cette femme avait déserté son propre corps. Quelques jours après, je dus encore la surveiller. Elle avait retrouvé un comportement à peu près normal, comme une personne qui avait survécu à un cataclysme. Je fus étonné du calme et de la sollicitude de sa famille envers elle. Étaient-ils inconscients ou avaient-ils plutôt réussi à développer un degré d’abnégation absolument hors du commun ? L’instinct de survie leur commandait apparemment de passer à autre chose et de soutenir la mère, fut-elle meurtrière.
Deux question qui (elles aussi) tuent…
C’est à la lueur de cet exemple que je reconsidère aujourd’hui mon point de vue sur l'affaire Turcotte. « Il semble donc que la garde des enfants n'était pas au coeur du litige » écrivais-je le 31 janvier dernier. Plus si sûr maintenant, selon le récit détaillé dont on nous abreuve depuis le début du procès. Comprenons-nous bien. Il ne s’agit pas ici d’accabler Isabelle Gaston pour avoir tenu des propos qui ont probablement dépassé sa pensée, la veille du drame, ni de lui faire un procès sur des intentions dont nous ne pouvons pas préjuger parce que nous ne les connaissons pas. Seuls les actes et leurs répercussions peuvent nous amener à envisager des perspectives par ailleurs hypothétiques. Or, des menaces de retirer à Turcotte la garde de ses enfants ont bel et bien été proférées, vingt-quatre heures avant le drame. Peu importe leur sérieux ou le contraire, le fait demeure.
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| Notre justice, complice d'infanticide ? |
Bien sûr, une telle attitude n’excuse en rien l’horreur des meurtres, mais nous devons en tenir compte si nous voulons comprendre les ressors d’une telle tragédie et en prévenir de nouvelles. Mme Gaston n’a pas brillé par le tact dans toute cette affaire et peu importe les intentions qui l’animaient alors, il importe de se poser cette terrible question : un minimum de considération, de respect du vécu et des limites immédiates de Turcotte, au moment de la rupture, n’aurait-il pas pu favoriser une séparation civilisée et épargner ainsi deux vies ? Ma photo en profil dans ce blog est très ressemblante. Si vous voulez vous en inspirer pour confectionner une poupée vaudoue et la piquer, sentez-vous à l’aise.
Voici ma deuxième question qui tue : si Guy Turcotte avait eu la conviction que ses droits parentaux auraient été respectés, en cas de litige quant à la garde des enfants, aurait-il commis l’irréparable ? À moins de vivre en ermite depuis des décennies, il est impossible de ne pas savoir que ce qui nous sert de système judiciaire accorde la garde des enfants à la mère dans 80 % des cas. N’est-il pas normal de présumer qu’à tort ou à raison, Turcotte ait pu redouter de perdre le contact avec ses enfants dont, Mme Gaston elle-même l’a affirmé au procès, il s’est toujours montré si proche, au point de préférer leur compagnie à celle des adultes, lors de réunions familiales ?
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| Seront-ils morts pour rien ? |
La réponse à ces deux questions douloureuses devient essentielle, à la lueur des faits, et compte tenu de l’extrême gravité de la plus horrible et de la plus condamnable forme d’homicide : le meurtre d’enfants. Si, au lieu de vouloir crucifier Turcotte, nous faisions l’exercice de nous interroger collectivement sur les causes de sa folie meurtrière, peut-être pourrions-nous en tirer les leçons qui s’imposent pour que d’autres tragédies du genre puissent être évitées. Olivier et Anne-Sophie ne seront alors pas tout à fait morts pour rien.
Également sur le même sujet :
http://olivierkaestle.blogspot.com/2011/05/affaire-turcotte-aussi-un-proces-de.html
http://olivierkaestle.blogspot.com/2011/06/infanticide-selon-le-sexe.html







Commentaires
En effet, si les procédures de séparations conflictuelles n’étaient pas ce qu’elles sont… -- où les hommes (à 90 %) sont quasiment perdants, car ils sont toujours considérés comme des violents, des agresseurs et des menteurs, c'est-à-dire comme étant toujours des criminels,… et que les femmes (à 10 %) sont quasiment toujours gagnantes, car elle sont toujours considérées comme étant toujours des victimes… -- et bien, les enfants seraient toujours vivants. Point.
Lors des séparations, ou après, tous les hommes qui ont commis ces actes désespérés d’avoir tué leurs enfants… et tous les hommes qui se suicident, faute de savoir comment survivre (90 % des SDF sont des hommes) s’ils n’étaient pas confrontés à une « Machine à Broyer les Hommes », on peu se demander s’ils agissaient ainsi. Point.
Depuis plus de 17 ans, je nage dans cette mouise de plus de 10.000 cas de séparations conflictuelles de ces parents (violés de leurs droits fondamentaux et spoliés de leurs enfants et de leurs patrimoines)… et, ayant été, moi-même, confronté aux conséquences d’une séparation conflictuelle qui a duré plus de 17 ans, (J’ai été SDF durant plus de 9 mois et exclus socialement et économiquement durant plus de 8 ans) je peux réagir d’une manière plus pertinente que d’autres personnes qui n’ont rien connu comme tel.
Mais la société n’a-t-elle pas, ELLE AUSSI, une lourde part de responsabilité ?
Une question importante est de demander : Pourquoi a-t-il tué ses 2 enfants qui n’ont rien fait pour mériter un tel sort ?
Donc, pointlessly rethorical. Let's just say she behaved like a bitch and move on.
A la question 2 (ma réponse ne vous surprendra surement pas puisque vous avez lu la lettre que j'ai fait parvenir au Ministre à ce sujet) : je dis oui. Dans un environnement légal ou le père sait, hors de tout doute, que la Justice défendra ses droits de père et ne le traitera pas en criminel devant prouver son innocence ou sa valeur, les propos de madame qui promet de le déposséder perdraient leurs dents.
Pas un automatisme cependant mais plutot un accélerant vers le calme. Plus facile de ne pas paniquer quand on a une bouée solide a portée de main.
Merci de me le rappeller.
Permettez-moi donc d'amender. Point de vue solution, la question est inutile. Point de vue réflexion, elle peut mener le penseur vers des sentiers qu'il n'aurait peut-être pas emprunté sans elle.
We gotta keep the faith :)
Ben dans les jours, les semaines et mois qui suivirent, beaucoups desmembres de ce groupe se mirent à l'utiliser et à la propager dans tous leurs groupes. Il n'eurent pas besoin de me citer comme source- Lennon était la source. Mais je n'étais pas dupe. Le 2ieme degré d'effet (ou l'effet silencieux) se révèlait a moi dans toute sa splendeur silencieuse.
On ne sait *jamais* combien de gens sont touchés par nos propos; combien de lurkers opinent silencieusement de la tête et conservent en eux les bribes que nous produisont, parfois sans le moindre résultat direct et immédiat.
Le deuxième degré d'effet est une réalité vérifiable (parfois) bien qu'intangible la plupart du temps. Gardons nos propos cohérents, émettons des opinions posées et réfléchies; soyons pertinents et structurés et, même si nous ne les entendrons jamais, nous toucherons beaucoups plus de gens que nous le pensons.
It's a wonderful world... Right? :)
Cependant il ne faut surtout pas reprendre la logique victimaire des gynocrates misandres.
Turcotte est un meurtrier que ce soit clair.
Il se dit normal maintenant après que le verdict lui ait donné la chance d'être exonéré de culpabilité à ce meurtre horrible sur 2 peits-enfants sans défense !!!Nous ne pouvons nous imaginer combien ces 2 petits-enfants ont pu souffrir avant de mourir !!!
Je regarde aujourd'hui, le verdict du Procès Shafia et je me dis enfin une vraie justice !
Le cas et verdict Guy Turcotte est révoltant !
À quel degré peut-on évaluer cette forme de harcèlement dans un contexte conjugal pareil ?
Il est tellement facile d'en reconnaitre l'existence en milieu de travail, qu'une loi a été mise en place pour criminaliser les responsables.
À quand une loi semblable pour contrer le harcèlement psychologique en matière conjugale ?